SCÈNE XV
Est-elle avec ce Postbumus, — ce tas de bassesses massives doDt on — n'extrairait pas un drachme de valeur?
PISANH).
Hélas, Monseigneur, — comment serait-elle avec lui? Depuis quand a-t-elle disparu ? ~ Il est à Rome.
GLOTEN.
Où est-elle. Monsieur? Approchez encore. —Plus d'hésitations! Apprends-moi tout. - Qu'est-elle devenue?
PISANIO.
- Ob ! mon digne seigneur ! . . .
CLOTEN.
Digne maraud! — révèle-moi où est ta maltresse tout de suite, — au premier mot... Assez de digne seigneur! — Parie, ou ton silence va être à Tinstant — ta condamnation et ta mort.
11 menace Pisanio de son ûpée.
PISANIO.
Eh bien, Monsieur, - ce papier contient le récit de tout ce que je sais — sur son évasion.
Il lai préseote la letUe qu'il a reçae de Posthumas. Cloten la saisit.
CLOTEN.
Vovons... Je la poursuivrai — jusque sur les marches du trôDe d'Auguste.
H lit la lettre.
PISANIO, à part.
Il fallait faire cela ou périr! - Elle est suffisamment loin : ce qu'il apprend là — peut le mettre en campagne, sans la mettre en danger.
GLOTEN.
Humph !
PISANIO, à part.
-- Je vais écrire à mon maître qu'elle est morte. 0 Imogène. - puisses-tu voyager saine et sauve, et saine et sauve
rp'enir!
160 CYMBELIlfl.
CLOTEN.
- Cette lettre est-elle Vf flie, drôle?
nsANio.
- Oui, Monsieur, à ce que je crois.
CLOTEN.
C'est récriture de Posthumus! Je la reconnais... Si tu voulais, mon drôle, ne pas être un manant, mais te mettre loyalement à mon service ; si tu voulais remplir, avec une sérieuse industrie, tous les emplois que j'aurai occasion de te confier, c'est-à-dire faire immédiatement et fid^ementles coquineries quelconques que je te commanderai, eh bien! je te regarderais comme un honnête homme, et tu aurais k ta disposition mes largesses pour ta fortune, ma voix pour ton avancement.
PISAMO.
Fort bien. Monseigneur.
CLOTKN.
Veux-tu me servir ? Puisque tu es resté si patiemment, si constamment attaché à la maigre destinée de ce mendiant de Posthumus, certainement, dans une carrière moins ingrate , tu seras pour moi un agent zélé. Veux- tu me servir?
PISANIO.
Volontiers, seigneur.
CLOTEN.
Donne-moi ta main : voici ma bourse. As-tu en ta possession quelques vêtements de ton ancien maître ?
PISANIO.
Oui, Monseigneur. J'ai h mon logement l'habillement même qu'il portait quand il prit congé de ma dame et maîtresse.
CLOTEN.
Pour premier service, va me chercher cet habillement : que ce soit ton premier service ! Va.