‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 5 sur 305 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

GT1IBELINE.'

0 créature déloyale, — toi qui devrais me rajeunir, tu imoQcelles — un siècle sur ma tète !

IMOGiNE.

Je TOUS en supplie, seigneur, — ne vous blessez pas lOQS-mème par votre agitation : moi. — je suis insensible à toire colère : une émotion plus haute — supprime ici toute douleur, toute crainte !

CYUBEUNE.

El toute grflce aussi? et toute obéissance?

DIOGÈNE

- Oui, toute grAce, puisque j'ai perdu tout espoir.

CYMBEUNE.

- Toi qui aurais pu épouser le Gis unique de la reine !

IMOGiNE.

> Trop heureuse de ne pas Tavoir fait! J'ai choisi l'aigle, - el esquivé répervier.

CTHBEUNE.

- Tu as pris un mendiant, et voulu faire de mon trône - UD siège d'ignominie.

IMOGÈNE

Son ; dites que j'y ai ajouté.— du lustre.

CYMDELINE.

Infâme !

Seigneur, — c'est votre faute si j'ai aimé Posthumus, — ^ousavez fait de lui le compagnon de mes jeux ; c'est — un "Ornme qui vaut la plus noble fcnïtne ; il dépasse ma valeur " presque de tout le prix que je lui coûte.

CYMBEUNE.

Quoi! es- tu folle?

IMOGÈNE

- Presque, seigneur : que le ciel me guérisse !... Que

90 CYMfiiSLlNE.

ne suis-je — la filfed'un bouvier! et mon Léonatus, du berger voisin !

GYMBEUNE.

Idiote!

La Reine revient.

GYMBEUNE, à la reine.

Us étaient encore ensemble, vous n'avez pas agi — mes ordres. Emmenez-la — etencagez-la.

U REINE

J'implore votre patience...

À Imogène.

Du calme, — ma chère fille, du calme...

A Cymbeline.

Mon doux souverain, — laissez-nous ensemble; et chez quelque consolation pour vous-même — da réflexion.

GYMBEUNE.

Ah! qu'elle s'affaiblisse — d'une goutte de sang c jour, et que, devenue vieille, — elle meure de sa foli

Il sort.

Enlre Pisanio.

U REINE

Fi!...

A Imogène.

Il faut que vous cédiez. - VBici votre serviteur...

A Pisanio.

Eh bien! Monsieur, quoi de nouveau?

PISANIO.

— Monseigneur votre fils a tiré Tépée contre moo r

u REINE.

— Ha! il n'y a pas eu de mal, j'espère?

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PISANIO.

Il aurait pu y en avoir, — mais mon maître a fait de cette rencontre un jeu plutôt qu'un combat, — il était sans colère... Les assistants — les ont séparés.

LA REINE

J'en suis bien aise.

UfOGÈNE.

- Votre fils est le champion de mon père : il soutient sa cause; — dégainer contre un proscrit! 0 le brave seigneur ! - Je voudrais les voir — focc à face en Afrique, — et être moi-même auprès d'eux avec une aiguille pour en piquer - celui qui reculerait...

A Pisanio.

Pourquoi avez- vous quitté votre maître?

PlSANlO.

- Par son ordre. 11 ne m'a pas permis — de l'accompagner au port, et il m'a laissé ses instructions — sur le service que j'aurai à (aire - quand il vous plaira de m'employer.

LA REINE

Cet homme — a toujours été votre fidèle serviteur : j'ose «agermon honneur — qu'il restera tel.

flSAiMO.

Je remercie humblement Votre Altesse.

LA RELNE, à Imogène.

- De grâce, faisons ensemble quelques pas.

IMOGËNE, à Pisanio.

Dans une demi-heure, — revenez, je vous prie, me parl»*r : il faut, au moins, que vous - alliez voir s'embarquer monseigneur '.jusque-là, laissez-moi.

Us sortent.

9? GVHBELINi:.

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