SCÈNE I
GT1IBELINE.'
0 créature déloyale, — toi qui devrais me rajeunir, tu imoQcelles — un siècle sur ma tète !
IMOGiNE.
Je TOUS en supplie, seigneur, — ne vous blessez pas lOQS-mème par votre agitation : moi. — je suis insensible à toire colère : une émotion plus haute — supprime ici toute douleur, toute crainte !
CYUBEUNE.
El toute grflce aussi? et toute obéissance?
DIOGÈNE
- Oui, toute grAce, puisque j'ai perdu tout espoir.
CYMBEUNE.
- Toi qui aurais pu épouser le Gis unique de la reine !
IMOGiNE.
> Trop heureuse de ne pas Tavoir fait! J'ai choisi l'aigle, - el esquivé répervier.
CTHBEUNE.
- Tu as pris un mendiant, et voulu faire de mon trône - UD siège d'ignominie.
IMOGÈNE
Son ; dites que j'y ai ajouté.— du lustre.
CYMDELINE.
Infâme !
Seigneur, — c'est votre faute si j'ai aimé Posthumus, — ^ousavez fait de lui le compagnon de mes jeux ; c'est — un "Ornme qui vaut la plus noble fcnïtne ; il dépasse ma valeur " presque de tout le prix que je lui coûte.
CYMBEUNE.
Quoi! es- tu folle?
IMOGÈNE
- Presque, seigneur : que le ciel me guérisse !... Que
90 CYMfiiSLlNE.
ne suis-je — la filfed'un bouvier! et mon Léonatus, du berger voisin !
GYMBEUNE.
Idiote!
La Reine revient.
GYMBEUNE, à la reine.
Us étaient encore ensemble, vous n'avez pas agi — mes ordres. Emmenez-la — etencagez-la.
U REINE
J'implore votre patience...
À Imogène.
Du calme, — ma chère fille, du calme...
A Cymbeline.
Mon doux souverain, — laissez-nous ensemble; et chez quelque consolation pour vous-même — da réflexion.
GYMBEUNE.
Ah! qu'elle s'affaiblisse — d'une goutte de sang c jour, et que, devenue vieille, — elle meure de sa foli
Il sort.
Enlre Pisanio.
U REINE
Fi!...
A Imogène.
Il faut que vous cédiez. - VBici votre serviteur...
A Pisanio.
Eh bien! Monsieur, quoi de nouveau?
PISANIO.
— Monseigneur votre fils a tiré Tépée contre moo r
u REINE.
— Ha! il n'y a pas eu de mal, j'espère?
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PISANIO.
Il aurait pu y en avoir, — mais mon maître a fait de cette rencontre un jeu plutôt qu'un combat, — il était sans colère... Les assistants — les ont séparés.
LA REINE
J'en suis bien aise.
UfOGÈNE.
- Votre fils est le champion de mon père : il soutient sa cause; — dégainer contre un proscrit! 0 le brave seigneur ! - Je voudrais les voir — focc à face en Afrique, — et être moi-même auprès d'eux avec une aiguille pour en piquer - celui qui reculerait...
A Pisanio.
Pourquoi avez- vous quitté votre maître?
PlSANlO.
- Par son ordre. 11 ne m'a pas permis — de l'accompagner au port, et il m'a laissé ses instructions — sur le service que j'aurai à (aire - quand il vous plaira de m'employer.
LA REINE
Cet homme — a toujours été votre fidèle serviteur : j'ose «agermon honneur — qu'il restera tel.
flSAiMO.
Je remercie humblement Votre Altesse.
LA RELNE, à Imogène.
- De grâce, faisons ensemble quelques pas.
IMOGËNE, à Pisanio.
Dans une demi-heure, — revenez, je vous prie, me parl»*r : il faut, au moins, que vous - alliez voir s'embarquer monseigneur '.jusque-là, laissez-moi.
Us sortent.
9? GVHBELINi:.