SCÈNE XV
PISÂNIO.
J'obéis, Monseigneur.
11 sort.
GLOTEN, seul.
Oui, j'irai te rejoindre à Milford-Haven... J'ai oublié de
lui demander une chose, je m'en souviendrai tout à
Vheure... C'est là, misérable Posthumus, que je te tuerai...
Je voudrais que cet habillement fût arrivé.. . Elle m'a dit un
jour (j'en ai encore l'amertume sur le cœur !) qu'elle faisait
plus de cas du moindre vêtement de Posthumus que de ma
noble personne, avec toutes les qualités qui l'ornent. Eh
bien ! c'est sous les vêtements de Posthumus que je veux la
violer. Je commencerai parle tuer, lui, sous ses yeux : alors
elle verra ma valeur, et cessera le supplice de ses mépris.
Lui une fois à terre, quand j'aurai achevé sur son cadavre
ma tirade d'insultes, enHn, quand j'aurai fait diner ma
luxure (ce que, pour mieux vexer la belle, je ferai sous les
vêtements même qu'elle appréciait tant), je la ramènerai à
la cour à coups de poing, chez elle à coups de pieds. Elle
s est fait une joie de me mépriser, je me fais une fêle de me
venger !
PlSANio revient avec les vètemeDls de roslhumus.
CLOTEN.
SoDl-ce là les vêtements ?
PISANIO.
Oui, mon noble seigneur.
CLOTEN.
Depuis combien de temps est-elle partie pour Milford- Haven?
PlSANlO.
C'est à peine si elle peut y être arrivée.
^ GLOTEN.
'^orte ce costume dans ma chambre; c'est la seconde
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chose que je te commande : la troisième, c'est d'être le complaisant muet de mes desseins. Pour peu que tu sois dévoué, une légitime grandeur s'offrira d'elle-même à toi... C'est à Milford qu'est maintenant ma vengeance : que n'ai-je des ailes pour l'atteindre ! Viens, et sois fidèle !
n sort.
PISANIO.
—Tu me commandes mon déshonneur ; car t'être fidèle, —ce serait être fourbe, ce que je neserai jamais— envers le plus loyal des hommes. Va donc à Milford, —mais pour n'j pas trouver celle que tu poursuis. Affluez, affluez — sur elle, bénédictions célestes ! Que l'empressement de ce fou —soit retardé par les obstacles ; que la peine soit toute sa récompense !
Il tort.