‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 42 sur 305 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

[Devant la caverne de Bélarios. Le joar baisse.]

iMOGÉNE arrive en se trafoant.

IMOGÈNE

— Je trouve la vie d'homme bien pénible : — je suis épuisée, et voilà deux nuits de suite — que je fais de la terre mon lit. Je me trouverais mal, — si ma résolution ne me soutenait... 0 iMilford ! — quand, du haut de la montagne, Pisanio te montrait à moi, - tu étais à Vhorizon. Par Jupiter, il me semble — qu'elles fuient toutes devant les malheureui, les habitations où ils — devraient trouver asile. Deux mendiants m'ont dit — que je ne pouvais pas perdre mon chemin. Voudraient-ils mentir, ces pauvres gens — qui sont accablés d'afflictions et qui savent - que c'est un châtiment ou une épreuve? Pourquoi pas? Rien d'étonnaoti cela, — quand les riches disent si rarement la vérité! Meo-

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d«ns l'abondance — est plus coupable que tromper par soin ; et la fausseté — est pire dans les rois que dans les endiants... Ah ! mon seigneur bien-aimë, — tu es un de s perfides... Maintenant que je pense à toi, —ma faim est issée ; et tout à l'heure j'allais — défaillir d'inanition !...

Apercevant rentrée de la caverne.

Mais que vois-je là-bas?... —Voici un sentier qui y lène : c'est quelque sauvage repaire... — Si j'appelais? m ; je n'ose pas appeler : mais la famine, — avant d'emtorter une créature, la rend intrépide. — Le bien-être et la jnix enfantent les lâches ; le dénûment — a pour fille la turdiesse... Holà! qui est ici? — Est-ce un être civilisé? (|Q'il parle ! Est-ce un sauvage? — qu'il me prenne ou me prèle la vie !... Holà !... Pas de réponse ! Eh bien, entrons ! -Tirons toujours mon épée ; pour peu que mon ennemi — ait peur d'une lame autant que moi, il osera à peine la regarder. — Donnez-moi un tel adversi^pe, cieux propices !

Elle disparaît dans la caverne.

Arriveni BfiLAaius, GuiDftaïus et Arviràgus.

BÈLARIUS.

- C'est vous, Polydore, qui vous êtes montré le meilleur Aasseur — et qui serez le seigneur de la fêle ; Cadwal et Dwi, - nous ferons le cuisinier et le valet : c'est notre convention. - L'industrie sécherait bien vite ses sueurs et fmi- ^K - si elle ne travaillait pas dans un but. Venez : notre •Ppétit- rendra savoureux ce repas grossier. La lassitude — l»ul ronfler sur la pierre , quand la paresse inquiète — ^▼edar l'oreiller de duvet.

Se dirigeant vers la caverne.

Allons, paix à toi, — pauvre demeure qui te gardes toi ifième!

GuiDÉmus.

fcsuis épuisé.

164 GYMBELIMB.

ARVlRàGUS.

— Je suis faible par la fiatigue, mais fort en appétit.

GUIDÈRIUS.

— 11 y a de la viande froide dans la caverne ; nous al Ions la brouter — en attendant que notre gibier soit cuit.

Us avanceol vers la caverne.

BËLARIUS, devant la cnverne.

Arrêtez! n entrez pas : - s*il ne^mangeait pas nos vivres je croirais — qu'il y a là un être féerique.

GUIDÈRIUS.

yu'esl-ce donc. Monsieur?

BtURIUS.

— Par Jupiter, c'est un ange ou — une merveille terrestre! Re^rdez la divinité — à Tâge de l'adolescence !

iMOGÉNE apparaît à Tentrt^e.

IMOGÈNE

— Bons maîtres, ne me faites pas de mal. — Avant d'en* trer ici, j'ai appelé, et je comptais — mendier ou acheter ce que j'ai pris. Sur ma parole, — je n'ai rien volé, et je ne l'aurais pas fait, quand j'aurais trouvé — le sol joDcb< d'or. Voici de l'argent pour ce que j'ai mangé; — je l'aurais laissé sur la table, aussitôt -mon repas fini, et je m'ei serais allé — en priant pour l'bôtelier.

GUIDÈRIUS.

De l'argent, jeune homme !

ARMRAGUS.

— Que plutôt tout l'or et tout l'argent de la terre soie* changés eu fange! - Ils ne valent davantage que. po ceux — qui adorent des dieux de fange.

IMOGÈNË.

Vous êtes fâchés, je le vois. — Sachez, si vous voulez ta> tuer pour ma faute, que je serais — mort de ne l'avoir pa commise.

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