‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 45 sur 305 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

[Dans le pays de Galles. Aax eiiviroas de la caverne.]

Arrive Cloten.

CLOTEN.

Me voici près de Tendroil où ils doivent se rejoindre, Pisanio m'a fidèlement renseigné. Comme les vêtements d( Posthumus me vont bien ! Pourquoi sa maltresse, faite pas celui qui a fait son tailleur, ne m'irait-elle pas aussi D'autant plus , dit-on (excusez Texpression), que le capric fait aller toutes les femmes. Il faut que je tente l'opératioi J'ose me le déclarer à moi -même (car il n'y a pas de vaii gloire pour un homme à causer seul dans sa chambre av^ son miroir), les lignes de mon corps sont aussi bien nées que les siennes ; je suis non moins jeune que V plus fort, non moins doué par la nature et plus favorisé les circonstances, son supérieur par la naissance, aussi pable que lui dans les actions générales et plus quable dans le combat singulier : et pourtant cette obstinée l'aime en dépit de moi!... A quoi tient la '^ Avant une heure. Posthumus, la tête, qui maintenant L à tes épaules, sera abattue, ta maîtresse violée, tes v"ô«^ments coupés en morceaux devant ta face ! Cela fait, j ^ /a crosse jusque chez son père : celui-ci m'en voudra i>^«j(être un peu de ce rude traitement, mais ma mère, q^iam a tout pouvoir sur son humeur, tournera l'affaire à ncMCn éloge... Mon cheval est solidement attaché... Dehors, incn épée, à l'œuvre de sang!... Fortune, mets-les sous «^la main. Voici bien le rendez- vous, tel que Pisanio me Ja décrit ; et le drôle n'oserait pas me tromper.

Il s'éloigne.

[Devant la caverne.]

'^(UKiis, GiiDËKius, Arviragus, pois Imogène, arrivent tar la scène par rouvertare de la caverne.

BÈURIUS, è Imogèoe.

— Vous n'êtes pas bien; restez dans la caverne; — '^ous reviendrons près de vous après la chasse.

ARVIRAGUS.

Frère, restez ici. — Ne sommes-nous pas frères?

IMOGÈNE

L*homme et Thomme devraient Têtre ; — mais l'argile et *ai^ile diffèrent en dignité, — bien qu'elles soient toutes leuxde même poussière... Je suis très-malade.

GUIDÈRIIS y k Bélarius et à Arviragus.

— Allez à la chasse, vous autres ; moi, je resterai avec lui.

QIOGÈNE.

— Je ne suis pas assez malade pour cela ; quoique je ne ïOis pas bien, —je ne suis pas de ces citoyens efféminés qui

— se croient morts avant d'être malades. Ainsi, je vous en

prie, laissez-moi; — tenez-vous à vos occupations journa-

Vières : la rupture de l'habitude — est la rupture de toute la

vie. Je suis indisposé ; mais votre présence — ne pourrait

pas me guérir. La société n'est pas un soulagement — pour

<iui n'est plus sociable. Mon mal n'est pas grave, — puis-

Q"® je puis le raisonner. De grâce, ayez confiance, laisscz-

^^^ • - je ne puis enlever d'ici que moi-même, et, que

fi meure, — le larcin n'est pas grand !

GUIDÈRIUS.

''^ t'aime ; je t'ai dit — de quel grand amour ; il égale — ^'tii que j'ai pour mon père.

170 GTMBELLNE.

BÉLARniS. à Guidériun.

Quoi ! que dis-tu ? que dis-lu ?

ARVIRAGUS, à B.*larius.

— Si c'est pécher que de parler ainsi, Monsieur, je m'accouple — à la faute de mon cher frère. Je ne sais pourquoi

— j'aime ce jeune homme; je vous ai ouï dire — que la raison de Tamour est sans raison. Eh bien ! qu'il y ait une bière à la porte — et qu'on me demande qui doit mourir, je répondrai : - a Mon père, et non pas ce jeune homme ! »

BÉLARIUS à part.

0 noble élan ! — 0 dignité de nature ! grandeur de race î

— Les lâches enfantent les lâches ; à être vil engeance vile. — La nature a partout la farine et le son, le rebut et la fleur. — Je ne suis pas leur père ; mais cet inconnu, —par quel mï^ racle Taiment-ils plus que moi ?

Haut.

Il est neuf heures du matin.

ARMBAGUS, à linogèoe.

Frère, adieu !

IMOGÈN^.

— Bonne chasse !

ARVIRAGIS.

Bonne santé ! . . .

A Bëlarius.

A VOS ordres, Monsieur î

BL'Iarius, Arviragus et Guidérius causeol à voix ba^^s«. IMOGÈNE, à part.

— Voilà de bienfaisantes créatures ! Dieux, que de it^^wisonges j'ai entendus ! — Nos courtisans disent que tout ^st sauvage, hors de la cour : - Ex[>érience, oh! quel dém^^iti tu leur donnes ! — L'empire des mers produit des mc^nstres; et ses pauvres tributaires, —les fleuves, donnentà ootre table des poissons aussi exquis que lui... — Je souffre ^ou-

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