SCÈNE XIX
Luaus.
IMOGÈNE
LUdlS.
- Tu le justifies hautement : ton nom sied bien — à ton dévouement; ton dévouement, à ton nom. — Veux-tu risquer la chance avec moi? Je ne dis pas — que ton nouveau maître vaudra l'autre ; mais sois sûr - qu*il t'aimera autant. Des lettres de l'empereur — remises h moi par un consul ne feraient pas ton avancement plus vite — que ton propre mérite. Viens avec moi.
IMOGÈXE.
— Je vous suivrai, seigneur. Mais d'abord je vais, s'il plait aux dieux, —mettre mon maître à Tabri des mouches, dans un trou aussi profond — que pourront le faire ces pauvres pioches.
Elle moDlre ses ongles.
Puis , quand — j'aurai jonché sa tombe de feuilles et d'herbes sauvages ; — quand, sur elle j'aurai répété cent prières, — comme je le pourrai, pleurant et soupirant ; — je quitterai alors son service et me mettrai au vôtre, — pourvu qu'il vous plaise de me recueillir.
Luaus.
Oui, bon jeune homme ; - et je serai pour toi moins un maître qu'un père... — Mes amis, — cet enfant nous «i appris nos devoirs d'hommes. Cherchons — le gazon le mieux paré de pâquerettes, - et faisons au mort, avec nos piques ft nos pertuisanes, — une tombe. Allons ; enlevez-le!...
A Imogène.
Enfant, il nous est recommandé — par toi, et il aura la sépulture-que peuvent donner des soldats. Du courage ! essuie tes yeux. - Certaines chutes ne sont que des moyens plus heureux d'élévation.
Tous s'en vont.
188 CTMBELIKK.