SCÈNE XX
CTVBELINE, à Piianio.
Tant de soins m'occupent, — que je veux bien t'épargner pour le moment ; mais mes soupçons - restent pendants.
PREMIER SEIGIŒUR.
Que Votre Majesté me permette de lui dire — que les légions romaines, toutes tirées de la Gaule, — sont débarquées sur vos côtes, avec un renfort - de gentilshommes romains, envoyés par le sénat.
CTMBEUNE.
— C'est maintenant qu'il me faudrait les conseils de mon fils et de la reine ! — Je suis étourdi d'affaires.
PREMIER SEIGMUR.
Mon bon suzerain, — vos forces peuvent amplement tenir tète — h celles qui vous sont signalées : qu'il en vienne de nouvelles, vous en trouverez de nouvelles. — 11 ne s'agit que de mettre en mouvementées masses — impatientes de marcher.
Je vous remercie. Retirons-nous, — et faisons face aux circonstances dès qu'elles s'offriront à nous. Nous n'avons pas peur — des menaces de l'Italie ; c'est — ce qui nous arrive ici qui nous afflige... En avant!
Toas sortent, excepté Pisanio.
PISAMO.
— Je n'ai rien reçu de mon maître depuis — que je lui ai écrit qu'Imogène était tuée. C'est étrange. —Pas de nouvelles, non plus, de ma maîtresse qui m'avait promis — de m'en donner souvent. Je ne sais pas davantage — ce qu'est devenu Cloten ; je reste — absolument perplexe. Les cieux ont encore beaucoup à faire. — Mon mensonge est probité : je suis loyal de ne pas l'être. — La guerre actuelle fera voir au roi même — que j'aime mon pays, ou j'y périrai. — Lais-
190 GYMBEL1NE.
sons le temps éclaircir tous les autres doutes. — La fortune mène au port plus d'une barque sans gouvernail.
Il sort.