‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 64 sur 305 · SCÈNE XXIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIV

Mettex-lui sur la poitrine ces tablettes où

Il Doos a plu d*iDfM!rire sa destinée ;

Et pois partez ! Cessez par ce ?acarme

D'eiprimer votre impaiieDce, de peur d'eiciter la mienne...

Aigle, remonte à mou palais de cristal*

Il disparaît.

SIGILIUS.

M est deseeDdo tonnant ; son haleine céleste Avait une odeur de soufre ; l'aigle sacré s'abattait Comme pour nous écraser. Et il remonte, Plus embaumé que nos champs bienheureux ; le royal oiseau Essuie ses ailes immortelles et aiguise son bec, ranime quand son dieu est content.

TOUS

Merci, Jupiter !

siauus.

Le pavé de marbre se referme ; il est .rentré

Sous son toit rayonnant... Partons, et, pour être heureux,

Confornons-nous scrupuleusement à ses onlres augustes.

Les spectres s'évanouissent.

P0STHCMU8, s'évoillant.

-Sommeil, tu as été pour moi un aïeul : tu m'as donné -un père ; lu ni as créé— une mère et deux frères. Mais» ô dérision!... — Plus rien ! tous disparus aussitôt qu'engendrés. - Et me voici réveillé ! Les pauvres misérables qui comptent - sur la faveur des grands révont comme j'ai fait, — s'éveillent et trouvent néant. Mais je ne sais ce que je dis : beaucoup, qui ne songent pas à la fortune et qui ne la mériteni pas, — sont pourtant accablés de ses faveurs, comme iQoi, ~ qui ai eu ce songe doré sans savoir pourquoi !. . .

Mettant la main sur sa poitrine.

-Quelles fées hantent ces lieux ? un livre ! Oh ! splendide ! ^ Qu'il ne soit pas. selon la mode de ce monde, plus beau •Q dehors — qu'au dedans ; que, — bien différent de nos artisans, — il tienne ce qu'il promet!

Il lit.

* Quand an Uonceau, inconnu à lui-même, Irotivera sans le chercher

204 CVMBELIiSE.

nn souffle d'air tendre qui l'embrassera, et quand des raineaax, détachés d'un cèdre augusie et morts depuis longues années, revÎYront poar être réunis à leur antique souche et reveniir de nouveau; alors les misères de Posthnmus seiont terminées, la Bretagne sera heureuse et flearira dans Tabondancc et dans la paii. »

— Ceci est encore un rêve ou quelque absurdité, comme les fous — en profèrent sans y réfléchir : de deux choses l'une : - ou ce livre n'a pas de sens, ou il est — inexplicable à notre sens. En cela, — il est comme ma vie même ; et - je veux le garder, ne fût-ce que par sympathie.

Entre le Geôlier.

LE GEOLIER

— Allons, Monsieur, êtes-vous prêt pour la mort?

POSTHIMIS.

Presque trop cuit, mon cher ! je suis prêt depuis longtemps.

LE GEOUER.

Il ne s'agit que de vous pendre, Monsieur ; si vous êtes prêt pour ça, vous êtes à point.

POSTllUMUS.

Eh bien ! si je suis un bon repas pour les spectateurs, le plat aura payé le coup.

LE GEOLIER

Le compte est rude pour vous, Monsieur. Mais, ce qu'il y a de consolant, c'est que vous n'aurez plus à faire de payements, plus à craindre de ces notes de taverne, qui, si elles vous ont procuré la joie, attristent souvent le départ. Vous entrez là défaillant à force d'avoir faim; vous en sortez chancelant à force d'avoir bu ; fâché d'avoir trop payé, et fâché d'avoir trop reçu ; la bourse et le cerveau vides ; le cerveau trop lourd, pour avoir été trop léger ; la bourse trop légère , pour avoir été éventée. Oh ! vous serez désormais à l'abri de ces contrastes 1... Quelle charité que celte

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