‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 65 sur 305 · SCÈNE XXIV. 20n · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIV. 20n

d'uoe corde de deux sous! Le temps de glisser, et elle additionne les milliers; vous n'avez pas besoin d'autre teneur de livre : elle vous donne décharge du passé, du présent et de l'avenir. Pour elle. Monsieur, votre cou est à la fois plume, registre et comptoir ; et vite, voici l'acquit !

POSTHUMUS

Je suis plus joyeux de mourir que tu ne l'es de vivre.

LE GEOUER.

Il est vrai, Monsieur, que celui qui dort ne sent pas le mal de dents. Mais un homme qui doit dormir de votre sommeil et qu'un bourreau doit mettre au lit changerait volontiers, je crois, de place avec son chambellan; car, Tojez-vous, Monsieur, vous ne savez pas le chemin que vous allez prendre.

POSTHUMUS

Si fait, je le sais, l'ami !

LE GEOLIER

Votre mort a donc des yeux dans le crâne? je n'en ai jamais vu ainsi représentée. Il faut ou que vous soyez dirigé par quelqu'un qui prétend le savoir, ou que vous prétendiez vous-m^me savoir ce qu'à coup sûr vous ne savez pas, ou pnfin que vous hasardiez une reconnaissance à vos risques el périls. Comment vous réussirez au bout de votre voyage, je crois que vous ne reviendrez jamais le dire à personne.

POSTHUMUS

ie te le déclare, l'ami, tout le monde a des yeux pour se «liriîrer dans la route que je vais prendre, hormis ceux qui Iw ferment et ne veulent pas s'en servir.

LE GEOLIER

Quelle immense plaisanterie! Est-ce qu'un homme peut ^^oir l'usage de ses yeux pour voir la route qui l'aveugle? Je suis bien sûr que la pendaison est le chemin de la cécité.

206 ryMBFiîiNR.

Kntre \:i\ Me^sAGKR.

LE MESSAGER, au geôlier.

Otez-lui ses menottes et amenez votre prisonnier devant le roi .

POSTHUMCS.

Tu apportes de bonnes nouvelles... On m'appelle pour me rendre libre.

LE GEOLIER

Si cela est, je veux bien être pendu.

POSTBUMUS.

Tu seras plus libre alors qu*un geôlier; pas de verrou pour les morts.

Il sort avec le messager.

LE GEOUER.

A moins de trouver un homme qui veuille épouser la potence et procréer de petits gibets, je n*ai jamais vu condamné si empressé. Oui, ma foi, tout Romain qu'il est» il j a des gueux plus fieffés que lui qui désirent vivre; il y en a aussi qui meurent contre leur gré; je serais ainsi si j'étais du nombre. Je voudrais que nous n'eussions tous qu'une âme, et une bonne âme. Oh! ce serait la ruine des geôliers et des potences. Je pnrie contre mon intérêt actuel, mais ce que je désire aurait bien aussi son avantage.

H sort.

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