CORNÉLIUS
— D'abord, iHe a avoué qu'elle ne vous avait jamais aimé,
— qu'éprise, non de vous, mais de la grandeur que vous lui donniez, — elle s'était mariée avec votre royauté et avait épousé votre rang, — en abhorrant votre personne. .
CYMRELINE.
Elle seule savait cela; — et, si elle ne l'avait déclaré en mourant, je n'en aurais pas cru — ses lèvres mêmes. Continue.
CORNÈUUS.
— Voire fille, qu'elle affectait d'aimer — si profondément, était, elle Va avoué, - un scorpion à ses yeux : si
SGÉ^'K XXY. 209
sa fuite — ne ra?ait prévenue, elle lui eût — dté la vie par le poison.
GYMBEUNE.
0 le raffiné démon ! -Qui donc peut lire une femme?... Est-ce tout?...
CORNÈUUS.
— Le pire est encore à dire, seigneur. Elle a avoué qu'elle vous préparait — un poison minéral qui, une fois pris, — devait, minute par minute, ronger votre vie, et, fibre à fibre, — vous consumer de langueur. Pendant ce temps, elle eomptait, — à force de veilles, de larmes, de soins, de baisers, — vous dominer par ses manèges ; et, — quand elle vous aurait bien préparé par sa ruse, enlever — pour son fik l'adoption de la couronne ; — mais, l'étrange disparition de celui-ci lui ayant fait manquer le but, — une rage sans pudeur l'a prise : elle a, en dépit — du ciel et des hommes , révélé ses projets , regrettant — que les maux couvés par elle n'eussent pas éclos, et, ainsi, — désespérée, elle est morte.
GTMBELINE.
Avez- vous entendu tout cela, vous, ses femmes ?