‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 67 sur 305 · CORNÉLIUS · texte numérisé non relu

CORNÉLIUS

— D'abord, iHe a avoué qu'elle ne vous avait jamais aimé,

— qu'éprise, non de vous, mais de la grandeur que vous lui donniez, — elle s'était mariée avec votre royauté et avait épousé votre rang, — en abhorrant votre personne. .

CYMRELINE.

Elle seule savait cela; — et, si elle ne l'avait déclaré en mourant, je n'en aurais pas cru — ses lèvres mêmes. Continue.

CORNÈUUS.

— Voire fille, qu'elle affectait d'aimer — si profondément, était, elle Va avoué, - un scorpion à ses yeux : si

SGÉ^'K XXY. 209

sa fuite — ne ra?ait prévenue, elle lui eût — dté la vie par le poison.

GYMBEUNE.

0 le raffiné démon ! -Qui donc peut lire une femme?... Est-ce tout?...

CORNÈUUS.

— Le pire est encore à dire, seigneur. Elle a avoué qu'elle vous préparait — un poison minéral qui, une fois pris, — devait, minute par minute, ronger votre vie, et, fibre à fibre, — vous consumer de langueur. Pendant ce temps, elle eomptait, — à force de veilles, de larmes, de soins, de baisers, — vous dominer par ses manèges ; et, — quand elle vous aurait bien préparé par sa ruse, enlever — pour son fik l'adoption de la couronne ; — mais, l'étrange disparition de celui-ci lui ayant fait manquer le but, — une rage sans pudeur l'a prise : elle a, en dépit — du ciel et des hommes , révélé ses projets , regrettant — que les maux couvés par elle n'eussent pas éclos, et, ainsi, — désespérée, elle est morte.

GTMBELINE.

Avez- vous entendu tout cela, vous, ses femmes ?

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