I. Page 83, note 4. — 3. Biographie, page
aucune! Sois larron, dérobe ou mets à sac; où penses-tu que le profit de ces vols s'en aille ? Tout aux tavernes et aux filles !
Fais des vers, des plaisanteries, joue des cymbales ou du luth comme ces fous, ces trompeurs éhontés; compose des farces, fais des sortilèges, joue de la flûte; organise, dans les villes et les bourgs, des farces, des jeux et des moraUtés; gagne au brelan, au glic, aux quilles; aussi bien le bénéfice s'en ira — écoutez 1 — tout aux tavernes et aux filles.
De telles ordures te font reculer? Laboure donc; fauche les champs et les prés; sers et panse les chevaux et les mules, si tu n'as reçu aucune instruction. Si tu t'en donnes la peine, tu gagneras assez. Mais pourtant, quand tu broies et décortiques ton chanvre, est-ce que tu ne songes pas à porter le produit du travail accompli tout aux tavernes et aux filles ?
Envoi. — C'est pourquoi, chausses, pourpoints aux belles aiguillettes, robes et toutes vos draperies, avant de faire pis, portez tout aux tavernes et aux filles !
gj. — C'est à vous que je parle, vous qui partagez avec moi ces plaisirs, qui font du mal à nos âmes s'ils font du bien à nos corps; préservez-vous de ce mauvais hâle qui brunit les gens quand ils sont morts; évitez-le : c'est un enragé ! sauvez- vous du mieux que vous pourrez. Et, au nom de Dieu, rappelez-vous qu'un jour viendra où vous mourrez.
98. — Item, je donne aux « Quinze- Vingts » (qu'il vaudrait autant appeler les Trois-Cents!) — j'entends ceux de Paris, car je ne me sens pas tenu d'en faire autant envers ceux de Provins — je leur donne, avec mon plein consentement, mes grandes lunettes, sans leur étui, pour leur permettre de séparer les gens de bien des malhonnêtes, qui reposent dans le charnier des Innocents 1
99. — Ici, il n'y a pas lieu de rire ni de s'amuser. Que vaut à ces squelettes d'avoir eu des biens, d'avoir couché dans de grands lits de parade, d'avoir englouti le vin dans leurs grosses bedaines, d'avoir ri, festoyé et dansé, et d'avoir été prêt à le
faire à toute heure du jour ? Tous ces plaisirs viennent à manquer, mais le péché demeure.
loo. — Quand je considère ces crânes entassés dans ce charnier, je me dis que tous furent maîtres des requêtes, pour le moins, à la Chambre aux Deniers, ou que tous furent de simples colporteurs. Je puis dire l'un aussi bien que l'autre, car je ne saurais distinguer ici un évêque d'un pauvre fabricant de lanternes.
loi. — Et ces têtes qui s'inclinaient, durant leur vie, les unes devant les autres, dont certaines régnaient, servies et craintes des autres, réunies en tas, pêle-mêle, je les vois toutes ici « arrivées à leur fin» ». Leur puissance leur est dérobée : personne ne s'y appelle ni savant ni maître.
102. — Puisqu'ils sont morts, que Dieu recueille leurs âmes! Quant aux corps, ils sont en pourriture. Qu'ils aient été ceux de seigneurs ou de dames, soigneusement et tendrement nourris de crèmes, de bouillies de froment et de riz, leurs os sont réduits en poussière. Plaisirs et sourires ne leur importent plus... Plaise au doux Jésus-Christ les absoudre !
103. — Tel est le legs que je fais aux trépassés; et ce legs, je le communique à toutes les cours, sièges et palais, et aux régents qui haïssent l'avarice et qui se dessèchent le corps pour s'occuper de la chose publique. Aussi je souhaite que Dieu et saint Dominique les absolvent, quand ils mourront à leur tour.
Rondeau
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AU sortir de la dure prison où j'ai laissé presque ma vie, si la Fortune m'envie encore, jugez combien elle se trompe! Il me semble que, raisonnablement, elle devrait bien être satisfaite!
N'est-ce pas folie que de souhaiter que je disparaisse complètement ? Dieu veuille que mon âme ravie, au sortir de cette vie, monte là-haut dans son Paradis!