LE CADAVRE. - VILLON
villon, un pain sous le bras. — Du pain !... j'en ai maintenant... Mais je suis un voleur!... Cet homme, ce boulanger, me l'a dit, en courant après moi, sans m'atteindre. (Se tournant vers sa mère). 0 ma mère ! ne me maudissez pas... Seul, je me serais plutôt laissé mourir... C'est pour Jehan... pour votre petit Jehan... Viens, frère ! ne pleure plus... viens manger !... Mais où donc est-il?... Disparu?... Jehan!... Jehan !... Pas de réponse... Oh ! mon Dieu !... (il cherche de tous côtés.) Qu'est-ce que cela veut dire? (Il appelle à la porte.) Jehan! Jehan!... Rien !... rien! Toujours le même silence!... Oh I... mon'eceur se brise... Jehan !... Mais qu'ai-je donc fait
pOUr ûtre tortlll'é de la Sorte?... fil se laisse tomber sur une chaise avec désespoir, et sanglote, le front dans ses mains.)
Une voix chante dam la coulisse :
Aux yeux de la folio
Tout est si beau !
J'ai défoncé ma vie
Comme un tonneau.
A boire, qui qu'on grogne !
Du vin ! du feu !
Hacchusja rouge trogne,
Voilà mon Dieu !
villon, toujonrs assis. — On monte l't»-calier... je reconnais la voix de Colin Laurent... ee sont mes condisciples de l'Université... Mon frère est
Sans dotlte avec eux. (Il se lève. Une bande joyeuse d'écoliers entre dans la chambre.)