SCÈNE VII
VILLON, seul.
(11 entre par Utfenétre du balcon qu'il referme.) Elle était Ouverte!... quelle
chance !.. Ouf !. . . (Il se laisse tomber sur uu siège.) C'est égal !.. . Tristan, mon compère, tu en as menti... je ne serai pas encore pendu demain... Voyons! voyons 1... Je n'ai guère le temps d'être paresseux... ce n'est pas le tout que de faire la nique à messieurs de la prévôté : il faut encore s'arranger de manière à ne pas retomber sous leurs griffes... Comment vais-je m'y prendre?... Si je pouvais d'abord savoir quel est mon
hôte!... Faisons l'inspection de céans. (Sou pied heurte une des bouteilles vides laissées à terre par Perrot. Il trébuche. En s'appuyant d'une main contre le mur de gauche, il fait jouer le bouton de la porte secrète. Elle s'ouvre.) Qu'ai-je VU?... (Il recule.) Une
oubliette !... Ayez donc une querelle avec ces grands seigneurs!... Comme ils vous font gracieusement disparaître!... Oh! qui que tu sois, seigneur de ce logis, ton oubliette ne sera plus dangereuse de longtemps, (il casse et
eulève le bouton. Regardant dans l'oubliette.) Mort-Mahom ! il me semble que j'entends quelque Chose. (Il écoute. Voi\ faible dans la coulisse. Au secours! au secours!) Je ne me trompe pas... 11 y a là-dedans une victime récente... Oh ! si je pouvais la sauver ! Mais conjment descendre dans ce gouffre ? (En regardant de tous cotés, il aperçoit près de l'armoire l'échelle de soie laissée à terre par Riffle-Pécune.) Ah ! (11 court la ramasser et la descend dans .l'oubliette.) L'échelle Se roidit.. je
sens des secousses... On monte... Oh ! tenons ferme... Hâtez-vous, vous qui montez... Mes forces faiblissent... Mon Dieu !si j'allais lâcher!... Ma mère ! ma mère ! priez pour moi... je n'en puis plus !... Ah! enfin !... Il
était temps!... Victoire! (Isabelle apparaît, êchevelée et les vêtements en lambeaux. Villon l'aide à sortir du gouffre.)