G. T. CVII
Dans son Petit Testament, Villon écrit au huitain
Item, je laisse aux Mandians Aux filles Dieu et aux Beguines, Savoureux morceaulx et frians, Flaons, chappons et grasses gelines, Et puis prescher les Quinze Signes, abattre pain à deux mains.
Carmes chevauchent nos voisines, Mais cela ne m'est que du mains.
Amis, après avoir « recordé » à l’'Amant que la vraie piété et l'honnête pauvreté sont modestes et se cachent, poursuit en ces , termes : |
Ce ne sont pas, bien le recors,
Li Mendians poissans de cors,
Qui se vont partout embatant,
Plus qu'il pueent chacun flatant,
Et le plus let dehors demonstrent
A trestous ceus qui les enucontrent, Et le plus bel dedens reponnent Pour decevoir ceus qui lor donnent ; Et vont disans que povres sont,
Et les grasses pitances ont,
Non qui scarparum Liret cum «lente oramiim ; Non qui substigans asinum, pronuciet Ari... »
IL Raldo, liv. VIIL Merlini Cocalii (sic) portae mantuani Macaronicorum poe= mala (Venise, 1552, in-8), p. 66. — Ailleurs, Villon emploie Île verbe harier, tour-
menter :
Nous sommes mors. ame ne nous harie..… (L'Epitaphe en forme de ballade, v. 1847). F3
58 LOUIS THUASNE.
Et les grans deniers en tresor.
Mès atant me tairai dès or, Que j'en porroie bien tant dire, Qu'il m'en iroit de mal en pire :
Car tous jors heent ypocrite Verité qui contre eus est dite...
(T. IE, p. 184, v. 8136-8151.)
Dans son Grand Testament, Villon reprend à peu près le thème déjà traité par lui dans le trente-deuxième huitain du Petit Testament :
GVI
Item, aux Freres mendians,
Aux devotes et aux Beguines, Tant de Paris que d’Orleans, Tant Turlupins que Turlupines, De grasses souppes jacoppines
Et flaons leurs fais oblacion ;
Et puis après, soubz les courtines Parler de contemplacion.
Si ne suis je pas qui leur donne; Mais de tous enfants sont les meres, Et Dieu, qui ainsi les guerdonne, Pour qui seuffrent paines ameres.
Il faut qu'ils vivent, les beaulx peres, Et mesmemeut ceulx de Paris.
S’ilz font plaisir à nos commeres,
11Zz ayment ainsi leurs maris 1,
De même, Jean de Meun nous représente Astenunce-Contrainte qui Vest une robe cameline Et s’atorne comme beguine.
Et ot d’ung large cuevrechief, Et d'ung blanc drap covert le chief;
eee me tr
1. Ce huitain est ici donné tel que l'a publié Gaston Paris dans la Romania, t. XXX (1901). p. 377.
Son psaltier mie n’oublia.
Unes patenostres i a A ung blanc laz de fil penduës Qui ne li furent pas venduës :
Données les li ot uns freres Qu’ele disoit qu'il ert ses peres, Et le visitoit moult sovent.
Plus que nul autre du covent,; Et il sovent la visitoit, Maint biau sermon li recitoit.
Ja por Faus — Seæblant ne lessast Que sovent ne la confessast; Et par si grant devocion Faisoient lor confession, Que deus testes avoit ensemble En ung chaperon, ce me semble.
Ce dernier trait est aussi spirituel que bien observé!. Villon, après avoir parlé des
.. povres filles end{rjementes ?
Qui se perdent aux Jacopins !