‹ François Villon et Jean de MeunChapitre 32 sur 41 · Cf. ci-dessus p · texte numérisé non relu

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(2) Semblablement ou est la royne Qui commanda que Buridan Fust gecté en ung sac en Saine 9...

(3) Berte au grand pié, Bietris, Allis, Haremburgis qui tint le Maine, Et Jehanne la bonne Lorraine...

(1) Flora la belle Rommaine. — Il s'agit soit de la courtisane Flora, mentionnée par Juvénal {Sat., 11,9), soit de l'autre courtisane Flora dont parle Lactance dans ses Divinarum inslilulionum . libri VII II, 20), eten l'honneur de laquelle furent institués à Rome les Jeux floraux. Au xv° siècle, ce .nom de Flora était pris, semble-t-il, comme type de la courtisane. C'est ainsi que Gaguin, contemporain de Villon, dans une lettre à Ambroise de Cambrai, parle d’un importun « qui apud Floram et reliquas sue consuetudinis Veneres discubuit? ».

(2) Semblablement où est la royne Qui commanda que Buridan Fust gecté en ung sac en Saine ?

Villon se fait ici l'écho d'une tradition qui régnait de son temps dans le monde des étudiants et dans ‘le populaire, comme nous l’apprend Jean le Munerat. Au quinzième siècle, les parisiens avaient l'habitude de se réunir le soir après souper pour boire « d'autant » et deviser ensemble*. Dans les réunions à la taverne, lorsque chacun avait rempli de vin son verre, c'était une coutume, dit-il, de porter la santé de la reine Blanche ou de la reine de Navarre : santé ironique, car on rappelait en même temps ses méfaits. Cette plaisanterie offensante pour la mémoire d’une reine qui avait fondé le collège de Navarre avait profondément blessé dans ses sentiments de reconnaissance Jean le Munerat qui avait été étudiant du dit

1. À rapprocher, pour le mouvement, ces vers de Martin Le Franc :

Mesmement où est la duchesse Du sang de Portugal semée.….

(fr. 12,475, fol. 150 b).

2. Gavin, Epistole et orationes (Paris, 1904, in-8e), t. I, p. 230 et n. 2. — Sur Flora, cf. le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio, t. IT, pp. 1189-1190.

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