Le Grant Testament, vers
3. De notre temps, « M. Simrock a choisi Berte la Fileuse pour le sujet d’un de ses contes où il a voulu populariser nos anciennes épopées (Karolingisches Heldenbuch, Francfort, 1855, in-8). » Léon Gaurien, Les épopées françaises (Paris, 1861, in-S), t. 11, p. 9, note.
4. Aden:t le Roi est également l'auteur @Ges Enfances Ogier nù figure Ogier le Danois allégué par Villon dans son Grant Testament (v. 1803). Mais c'est plutôt dans la mise en prose de la suite de celte geste que Villon a dù prendre son personnage. —
Bietris, Alis appartiennent aussi aux chansons de geste, où leurs noms reviennent fréquemment. Par suite, il est impossible de dire quelles femmes le poète a eu en vue. Prompsault a donc commis une double erreur en voulant les identifier. Pourquoi, alors que tant de femmes, au moyen âge, répondent au nom de Biétris, Biétrix, Béatrice, veut-il que l’héroïne de Villon soit « Béatrix de Provence, mariée à Charles de France, fils de Louis VIII! » ? Même critique à l'adresse d'Alis qu'il déclare, sans autre préambule, être « Alix de Champagne, mariée l’an 1160, à Louis le Jeune, roi de France, et morte en 1206?. » Qu'en sait-il ? A cette erreur de fait se joint une erreur bien plus grave d'appréciation, et qui ferait supposer qu'il n'a pas saisi le sens de ces évocations exquises qui passent devant nos yeux comme des ombres pleines de beauté, de grâce et de mystère. Aussi bien convient-il de s'abstenir de toute tentative d'identification. Je signalerai toutefois une chanson de geste du cycle lorrain, Hervi de Meiz*, qui offre cette curieuse
particularité de contenir — tout au début — les trois évocations de Villon :
Berte au grant pié, Bietris, Allis.
Telle est, en deux mots, cette histoire : Pierre, duc de Lorraine
avait une fille Aëélis. Il consulte ses barons pour savoir à quel homme il devait la marier :
Sur Berte aux grands pieds, cf. G. Panis, Histoire poétique de Charlemagne (Paris, 1865, in-8°), pp. 223 et sqq.
1. Œuvres de mäistre François Villon (Paris, 1832, in-8), p. 128, n. — Cette deroière (Aëélis de Champagne) figure dans une chanson de Conon de Béthune. Cf. M. A. Wacvexsxon, Chansons de Conon de Béthune, trouvère de la fin du xue siècle .. (Helsingfors, 1891, in-8), p. 223. Elle est reproduite dans la Chrestomathie du moyen dge publiée par G. Paris el E. Langlois |Paris, 1897, in-16), p. 281. Une
Aélis, la belle-fille de Blanchefleur, est citée dans Aliscans, chanson de geste (Paris, 1870, in-8) :
C'est Aelis, la preus et la sénée,
Une pucelle, plus est bele ke fée.
(Les anciens poèles de la France, publiés sous la direction de Guessard). — Une autre Aélis, comtesse de Chartres, et fille de Louis VIT et d'Aliénor, est nommée dans la Rotrouenge de Richard Cœur de Lion (K. Barrscu, La langue et la littérature française depuis le 1x° siècle jusqu'au xive siècle, Paris, 1887, in-8), p. 311, etc., etc.