Ovive, De arte amandi
Meismement plus que li riches
Qui ne donroit espoir deus chiches En son orguel n'en son dangier ; Si la porroit bien ledengier...
Villon, montrant l'égalité des hommes devant la Mort, évoque
un passage de Raison sur les jeux de la Forlune.
Je cognois que povres et riches, Sages et foliz, prestres et Jaiz, Nobles, villains, larges et chiches, Petiz et grans, et baulx et laiz, Dames à rebrassez collez,
De quelconque condicion,
Portans atours et Lourrelez,
Mort saisit sans exception î.
Quand je considere ces testes Entassées en ces charniers,
Tous furent maistres des requestes, Au moins de la Chambre aux Deniers, Ou tous furent porte-panniers ; Autant puis l'ung que l'autre dire, Car d'evesques ou lanterniers,
Je n’y congnois rien à redire.
1. Dans la confession de La Vieille, où celle-ci rappelle que dans sa jeunesse il n'y avait homme qui ne fût séduit et subjugué par sa beauté, il y a quelques vers qui
peuvent être rapprochés de ceux de ce XXXIX huitain:
Je n'en met hors prelaz, ne moines, Chevaliers, borjeois, ne chanoines, Ne clerc, ne lai, ne fol, ne sage, Por qu'il fust de poissant aace
Et de religions saillissent..….,
Nus n'i gardast condicion.,
(T. JU, p. 48, v. 14322 et sqq.). (Ce passage est donné plus loin, p. 132.)
Quant aux yers par lesquels Jean de Meun montre que la Mort atteint également
tous les hommes, cf. même tome III, p. 90, v. 16146 et sqq.
18 LOUIS THUASNE.
Et icelles qui s’inclinoient
Unes contre autres en leurs vies ; Desquelles les unes regnoient, Des autres craintes et servies :
Là les voy toutes assouvies, Ensemble en ung tas pesle-mesle.
Seigneuries leur sont ravies ; Clerc ne maistre ne s'y appelle.