Journal des savans, 1832, p
5. Œuvres complètes de Villon, édition préparée par La Monnoye, mise au jour par M. P. Jannet, p. vi, note i.
6. Nous utiliserons dans notre édition les variantes que nous fournit ce manuscrit non encore employé pour les éditions de Villon. Il renferme comme le ms. 1661 du fonds français ae la Bibliothèque Nationale -ceux des huitains du Petit Testament que Prompsault a le premier publiés.
et que nous reproduisons textuellement d'après le manuscrit qui date du dernier tiers du xV siècle :
Je suis François, dont il me poise,
Nommé Corbeil en mon seurnom,
Natif d'Auvars emprez Pontoise,
Et du commun nommé Villon.
Une corde de demye toise,
Ce ne feust ung joly appel,
Sceust bien mon coi que mon cul poise.
Le jeu ne me sembloit point bel '.
S'il est désormais impossible de nier l'existence de l'épigramme et difficile d'en contester l'authenticité , nous ne pensons pas cependant qu'on doive s'en autoriser pour substituer au nom de Villon celui de Corbeil (et non Corbueilj et faire du poète un enfant d'Auvers. Nous ne sommes pas en mesure de dire pourquoi dans un manuscrit renfermant des poésies de Villon et remontant à la fin du xv'' siècle, ce huitain vient terminer le grand testament de Villon ou, plutôt, a été transcrit à la suite de ce morceau capital -. Nous parlerons donc dès maintenant des pièces authentiques consultées par nous et qui nous contraignent à rejeter le nom de Corbeil.
On trouve dans le registre du Trésor des Chartes coté JJ 1 87 une lettre de rémission accordée en janvier 1455 (1456, n. st.) à « maistre François des Loges, autrement dit de Villon, aagié de vingt-six ans ou environ» pour un meurtre commis le jour de la Fête-Dieu, au cloître de Saint-Benoit-le-Bétourné, à Paris, sur la personne de Philippe Chermoye^, prêtre. Or, si l'on considère le titre de maître que ce document donne au suppliant et qui est également attribué à Villon par les premiers éditeurs, ainsi que par l'auteur des Repues franches ; si l'on rapproche le surnom du délinquant du nom de famille de « maistre Guillaume de Villon )) que le poète appelle son « plus que père » ; si l'on remarque que, suivant le préambule du Grand Testament, Villon devait être né en