Voyez plus haut, p
7. Cette ballade est dans le style allégorique des poètes du XV*^ siècle, et elle remonte certainement à une époque à laquelle Villon n'avait pas encore acquis sa manière propre.
8. Auquel (seigneur) ceste ballade donne, Pour sa dame qui tous biens a.
S'amour ainsi ne nous guerdonne,
Je ne m'esbahys de cela ;
Car, au Pas, conquesté celle a,
Que tint René, roy de Cecille.
9. A propos de la révocation de Robert d'Estouteville en 1460, l'auteur de
« Martin Bellefaye, lieutenant du cas criminel, » l'un des exécuteurs testamentaires de Villon, avait pu le connaître dans sa jeunesse. Né au diocèse de Paris, il était sans doute issu de parents pauvres, car nous le trouvons étudiant boursier à la faculté des arts où il figure parmi les baccalariandi en mars 145 1 (v. st,)'. Il était quatre ans plus tard, en novembre 1454, avocat au Châtelet^ et nous le retrouvons en juillet 1460, remplissant déjà l'office de lieutenant criminel du prévôt de Paris?. Il résigna cette fonction le 26 février 1461 'v. style), date où il fut reçu conseiller lai en la cour du Parlement^: maître Martin Bellefaye est qualifié à cette occasion bachelier en lois et licencié en décret. Il mourut en 1 502, fut inhumé en l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois et son épitaphe nous apprend qu'il était seigneur de Ferrières-en-Brie5. — Pierre Le Basanier ou Basanier était « notaire et greffier criminel » suivant le Grand Testament. On le voit, en effet, dès 1457, en possession de l'office de notaire au Châtelet^ qu'il échangea le 30 juillet 1465 contre celui de clerc criminel à la même juridiction?. — Jean Mautaint, que Villon nomme par deux fois à la suite de P. Le Basanier, était examinateur au Châtelet, en 1457^. Rosnel paraît avec la même qualité, sous le nom de Nicolas Rosnel, en 1453 et en 1454''. — Pierre de Ronsseville, ou plutôt de Rousseville, qui, d'après le Petit Testament, était en 1459 concierge du château [royal] de Gouvieux, près Senlis, avait été antérieurement notaire au Châtelet '°. — « Maistre Jehan Le Cornu » ou Cornu dont parlent les deux Testaments paraît avoir succédé à P. Le Basanier dans l'office de clerc criminel de la prévôté; du moins il figure en cette qualité dans les comptes de l'ordinaire de la /ille de Paris de 1470 a 1472 ", permuta cette dernière année avec Henri Perdrier, clerc civil, et
cette chronique dit que sa femme, Ambroise de Loré, « estoit moult sage, noble et honneste dame. » Plus loin, il relate la mort de cette dame dans les termes suivants : « Après ces choses, le lundy cinquiesme jour de may 1468, dame )) Ambroise de Loré, en son vivant femme de Robert d'Estouteville, chevalier, » prévost de Paris, alla de vie à trespas ce jour, environ une heure après minuit; » laquelle fut fort plainte, pour ce qu'elle estoit noble dame, bonne et honneste, » en l'hostel de laquelle toutes nobles et honnestes personnes estoient honora- » blement receues. »
1 . Biblioth. de l'Univ., reg. des procureur de la Nation de France, f° 1 58 r*.
2. Archives Nationales, Y 5231, à la date du 5 novembre 1454.