‹ François Villon (volume 2)Chapitre 101 sur 402 · T., h. 55-59. Cf. ch. IX · texte numérisé non relu

T., h. 55-59. Cf. ch. IX

a déposé sa vielle sous le banc, comme on disait ; il a abandonné au vent la plume qu'il ne suivra pas '. D'ailleurs comme il est changé ! Il tousse, il crache, il a l'apparence et la voix d'un vieillard ; Jeanneton, ou telle autre, ne le prendrait plus pour un jeune garçon, un « valeton ^ », mais plutôt pour un vieux cheval fourbu, un « roquart ' » :

De vieil porte voix et le ton.

Et ne suys qu'ung jeune coquart4.

Il faut qu'il ait beaucoup souffert, puisque le souvenir de l'évêque Thibaud, qui lui a fait boire tant d'eau froide et manger, comme on disait en équivoquant, de si nombreuses « poires d'angoisse » \ s'impose de nouveau à son esprit ; Villon maudit aussi son officiai et le petit M*^ Robert, qui paraît avoir été son tourmenteur ^

Il lui souvient qu'avant son départ, en 1456, il avait fait certains legs que, sans son consentement, on nomma Testament : tel a été le plaisir de ses amis, mais non pas le sien ^

Loin de lui l'intention de les révoquer, même si toute la terre dont il se prétend le seigneur était imposée! Ainsi il prend encore en pitié le sergent du Châtelet, Perrinet Marchand, le bâtard de La Barre : aux trois bottes de paille qu'il lui a laissées, il ajoute ses vieilles nattes, c'est-à-dire la paille tressée dont on tendait alors les murs et le plancher; et François assure que cela fera à ce débauché personnage une bonne ceinture pour le redresser sur ses jambes'. Si quelqu'un

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