Cf. ch. viii (suite
3. T., h. 95. — Cf. ch. VII, VIII, § 2, et les notices à l'appendice.
4. T., h. 96. — Voir à l'appendice les notices sur Pierre de Rousseville et Michault du Four.
leur chapeau de feutre '. Car on ne la laissait plus pendre dans le dos, comme la queue d'un diable : on l'enroulait autour de la tête, à la façon d'un turban % ou bien on la laissait tomber sur l'épaule. Mais cornette surtout fait équivoque \ et Villon désignera ainsi toute la police "* :
Cornette court, nul planteur ne s'y joue.
Naturellement François ne s'intéresse qu'aux sergents à pied qui opèrent dans Paris, et avec qui il avait affaire. Il pense encore à Pierre Marchand, l'un des douze sergents, ce dégoûtant personnage ^ Dans son écu, au lieu de la barre de bâtardise, il portera trois dés plombés ^ comme ceux dont usent les tricheurs, et un joli jeu de cartes. Mais qu'on entende vesser ce « beau filz et net », Villon ajoutera à son legs les fièvres quartes que l'on souhaitait par manière de malédiction.
Se rattachant encore au milieu du Châtelet, voici Casin Cholet, l'officieux propre à rien et bon à tout, présenté ici comme exerçant la profession de tonnelier : qu'il aille échanger ses outils contre une épée lyonnaise', en gardant seulement le maillet de son métier qu'on nommait hutinei (et Villon équivoque sur le mot butin, signifiant querelle, car ce personnage aime évidemment le bruit et la dispute) ^ Jean le Loup% qui fut aussi sergent, ne vaut pas mieux : c'est un mauvais homme et un voleur (homme de bien et bon marchand, dira
1. T., h. 97. — Voir ch. vu (suite). Les archers du roi portaient la cornette sur leur salade (Mathieu d'Escouchy, cité par V. Gay, Glossaire, p. 432).
2. ff Or doiz encore porter la cornecte de veloux dessus l'espaule et au chappeau le beau cordon... et en ceste manière t'en viens deviser avec les dames » (René d'Anjou, VAbu::^é en court, 1473, éd. Quatrebarbes, IV, p. 109). Dans ces cornettes on mettait parfois son argent (Arch. Nat., JJ. 201, p. 85).
3. Avec la cornette de chanvre, qui est la corde de la potence, voir t. L p. 300 n. Cf. Les souhait^ des hommes, dans Montaiglon, Ane. poésies françaises, III, p. 145. Cf. Le Testament de Fin Rtihy (Jbid., XIII, p. 7) ; une autre équivoque du Grant Testament de Taste vin, dans Montaiglon, Ane. poésies françaises, III, p. 80.
4. Jargon, Bail., VII, 5. — 5. T., h. 98. — Voir la notice à l'appendice.
6. Cf. Le Grant Testament de Taste vin dans Montaiglon, Ane. poésies françaises, III, p. 80.
7. Les épées de Lyon étaient célèbres. — 8. T., h. 99. — Voir ch. vu (suite) et la notice i l'appendice. — 9. T., h. 100. — Cf. t. I, p. 189-190
Villon) ' : or le poète, qui a peut-être partagé avec lui quelque franche repue, lui laissera un petit chien couchant pour chasser les poules qu'il rencontrera sur son chemin (Cholet cherche si mal), et un long manteau pour dissimuler ses rapines.
Quant à l'Orfèvre de bois, c'est Jean Mahé, l'exécuteur. Comme il frappe de verges les gens tout nus, une image erotique passé dans l'esprit du poète: Villon lui lègue des condiments, des clous de gingembre, non pas pour remplir ses boîtes, mais pour réunir « culz et coetes », coudre d'équivoques jambons à d'autres équivoques andouilles ^
Il demeure aussi à la disposition du prévôt ce capitaine des archers parisiens, Jean Riou, qui commande une sorte de petite garde nationale '^. Puisqu'il est fourreur de son métier, Villon lui lègue six hures de loups, dont on préparait parfois la peau. Ce n'est pas là une viande de rebut, une viande pour les porchers, arrachée à ces gros chiens qui gardent les boucheries : cuites avec du vinaigre, voilà un morceau délicat pour lequel on ferait des folies : ainsi l'assure l'espiègle Villon ^ N'empêche que la chair du loup était tenue alors pour immonde. François s'amuse de cette idée et il insiste: voilà une viande aussi légère que la plume et le duvet. Oh ! excellente en vérité pour des soldats affamés. Mais si ces loups étaient pris au piège et que les chiens de Riou n'eussent pas l'habitude de courre à la chasse (Riou n'était pas noble pour les mener chasser ainsi), moi, qui suis son médecin (et Villon joue ici sur le mot ordonner signifiant aussi laisser par testament), j'ordonne à ce fourreur de se faire un manteau doublé de ces peaux de loups, convenables seulement pouréloigner les puces.
1. Le Journal d'un bourgeois de Paris nomme des fripons « gens d'honneur », p. yr. Le 9 décembre 1479 ^^ '^'^ ironiquement d'une jeune fille, Agnès, « qu'elle s'estoit esbatue à de gens de bien de ceste ville de Paris qui lui avoient donné une robe » (Arch. Nat., X" 45).
2. Mal cherchant, qui ne scet rien chercher et desrober (Marot).