T., h. 105. — Cf. ch. IX
3. Tel peut à son huis le bassin Q.ui ne s.iuroit traire une chievre.
(Faiiitises du Monde).
4. T., h. 106-110. Voir ch. vi (fin). Cf. Eastache Deschamps, VIII, p. 30
LE THSTAMENT 153
Et puis après, souhz les courtines, Parler de... contemplation.
Ce n'est pas lui qui donnerait jamais rien à ces quêteurs, bien qu'ils soient, comme l'on disait ironiquement, les mères, ou plutôt les pères de tous les enfants de Paris : Dieu les récompense ainsi, puisqu'ils souffrent en son nom beaucoup d'amertumes. Si notamment ceux de Paris font tant de plaisir à nos commères, c'est leur façon de leur montrer l'amour qu'ils ressentent pour leurs époux ! Rien à faire contre ces Mendiants. Jadis, le docteur de l'Université, Jean de PouUieu, les a combattus : il a été contraint d'en faire publiquement amende honorable. Jean de Meung, dans son Roman de la Rose, s'est moqué d'eux ; le bigame Matheolus fit de même dans le Liber Lamentiomim. Après quoi Villon déclare gravement qu'il convient de respecter ce que l'église de Dieu a honoré. Moi, leur serviteur, ajoute-t-il avec ironie, je me soumets à eux ; je veux les révérer et leur obéir. C'est fou de médire de tels personnages, à part soi ou dans les prêches : car ils sont gens à tirer de vous une éclatante réparation. Et l'opinion publique de ce temps-là tenait en effet les Mendiants pour très capables de se venger, ou par eux-mêmes ou par leurs protecteurs, des violentes attaques dirigées contre eux.
Toutefois, avant de quitter cet édifiant sujet, Villon nous fera l'étonnant portrait de ce vieux Carme, amoureux comme un diable, qui est bien vraisemblablement frère Baude de la Mare : il lui léguera deux pièces d'armes, un casque et une pique équivoque à deux tranchants ^ Ainsi ce vieillard, à la face hardie, pourra défendre son plaisir, cette jeune amie que Villon, jouant sur le nom d'une mauvaise maison du quartier, nomme sa Caige vert ' .
1. Meiiditiiis sont getis pour eiilx reiwiger (glose de Marot).
2. Cf. le proverbe recueilli encore par Sauvai : « La Parisienne n'ayme armes que la picque » (Bibl. Nat., ms. Baluze, 213). Cf. Pannisse salyrique, p. 177.