‹ François Villon (volume 2)Chapitre 112 sur 402 · Voir à l'appendice la notice sur Pierre Richer · texte numérisé non relu

Voir à l'appendice la notice sur Pierre Richer

5. Cf. Godefroy ad. v. Enfermer; V. Gay, Glossaire archéologique, p. 276.

6. Voir la Danse macabre dans Paris et ses historiens, p. 306 : Las, preste l'on plus à usure ? — Ç.à, de l'argent. Prens ma ceinture.

(Le grup de Clément Marot, éd. Guiffrey, II, p. 442). Cette lourde ceinture, pour qu'elle ne pressât pas le ventre, on la portait parfois sur les fesses. Cf. Eloi d'.\merval, Grant Deablerie, 1. II, ch. 53 :

Plus le regarde et plus me fâche — Q.ui porte ses mains sur son cul — Et ne prend en luy plaisir nul — N'esbatement ne joyjï aucune — Que de songer à sa pécune... et plus loin, ch. 38 :

Il n'est bruit que de tel gent — Sont bien garnis d'or et d'argent — Et pour mieulx voir leur pomperie — Ne vont portant par fringucric — Leurs gibessieres sur leur cul — Toutes plaines de beaux cscus...

montreront, eux qui étaient orgueilleux de leur fortune, humbles envers tous. Ils diront « Hein ? Q.uoy ? Il n'en est rien ! », comme les gens qui nient toujours lorsqu'il faut acquitter leurs dettes ' : et tout le monde pensera alors : « voici des enfants de lieu de bien », c'est-à-dire des coquins M

Ce sont évidemment trois personnages détestés de Villon, détestés de son temps : le poète qui les a flagellés dans ses Lais \ d'où la haine est absente, sait ici les frapper de nouveau ^.

Et nous retrouvons encore, comme en pendant, les deux chanoines exécrés de Notre-Dame qui reviennent aussi sans être nommés, eux non plus, par Villon : Thibaud de Vitry et Guillaume Cotin K

Car François les désigne seulement comme de pauvres clergeons, auxquels il a laissé autrefois ses titres vides, sa nomination de l'Université. Ils sont alors vieux et tout courbés ces pauvres enfants que Villon a peints jadis droits comme joncs, et à qui il a assigné un cens à percevoir sur un personnage insolvable, Gueuldry Guillaume (une rente, un cens sûr comme si on l'avait en main). Bien qu'ils soient jeunes (et les chanoines de Notre-Dame sont alors très vieux), Villon affirme qu'ils seront tout autres dans trente ou quarante ans (hélas ! ils seront sous terre) : ces gentils enfants, ne les battez pas ! Cette fois il donne à ces richards les bourses de ce pauvre collège des Dixhuit Clercs où ils délivrent d'ailleurs eux-mêmes des bourses. Or, cà l'office, ils doivent dormir comme des loirs, puisque Villon affirme le contraire : il développe à leur sujet une sentence du Tesiameni moral de Jean de Meung ^ Et François

1. Tel cuide bien ravoir son gaige — A qui on dit : « Je vous le nye » (Faintises du Monde, v. 547) et surtout ce passage des Menus Propos :

J'o très bien quant on me dit : tien — Mais au preste je n'y o goutte.

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