Voir la notice à l'appendice et le ch. viii
l6o FRANÇOIS VILLON, SA VIE TT SON TEMPS
de Grigny, auquel jadis Villon a laissé la ruine de Bicêtre. Cette fois il lui léguera la ruineuse tour de Billy, précisément dans le quartier où Philippe habite; mais Brunel prendra les réparations à sa charge, ce qui doit être pénible à un homme à court d'argent, comme il l'était. C'est encore une autre vieille connaissance de Villon que Jean de la Garde, riche épicier de Paris, qui appartient à une famille de notaires et de secrétaires du roi '. Si Villon l'appelle Thibaud, ce n'est pas qu'il ignore son prénom de Jean ; mais Thibaud ou Jean c'est tout un : car saint Thibaud, avec saint Arnoul, était le patron des maris trompés, que l'on nommait aussi des « Jehan » ou des « Jennin » ^ Jadis, en raison de son métier, Villon avait laissé à l'épicier le Mortier d'or ; mais, cette année, M'^ François est bien pauvre : il a tant perdu ! Une idée lui vient cependant tout à coup : il lui léguera le Barillet, une enseigne de taverne du quartier Saint-Martin (équivoque facile à entendre puisqu'il s'agit d'un buveur ^ et qui se trouve suggérée peut-être par le fait que Jean de la Garde est paroissien de Saint-Merry). Mais si Thibaud se console de ses malheurs conjugaux en buvant (il ne sera ni le premier ni le dernier à le faire), Villon pense tout à coup à un autre ivrogne : Genevoys, le vieux procureur au Châtelet, qui a, comme on disait, « un plus beau nez », un nez plus rouge encore pour boire dans ce baril \