‹ François Villon (volume 2)Chapitre 117 sur 402 · T., h. 1 30-1 31. — Cf. la notice à l'appendice · texte numérisé non relu

T., h. 1 30-1 31. — Cf. la notice à l'appendice

lél FRANÇOIS VILLOM, SA VIE Et SON tEMPS

ami : au lieu de le recommander, il Fa desservi auprès du riche archevêque de Bourges, le jeune Jean Cœur, due pourrait-il bien lui léguer? François Villon ouvre alors ce livre de cuisine qui jouissait d'une grande autorité : le « Viandier » de Guillaume Tirel, premier écuyer de cuisine du roi Charles VI, dit communément le TaiUevent \ Villon a parcouru tout le chapitre qui traite des fricassées ; il n'y a rien trouvé à son goût. Mais Macquaire, un mauvais et légendaire cuisinier ^ qui faisait rôtir le diable avec tout son poil, donna à Villon une recette que celui-ci s'empresse de transmettre à son compère François : suit une ballade, rappelant la forme des imprécations antiques, où Perdrier trouvera un recipe pour faire frire les langues envieuses, avec tous les corrosifs et toutes les ordures que l'imagination féconde du poète lui fournit K

Quant à M^ Andry Couraud, le procureur à Paris du roi René, le voisin de François Villon ^, lui non plus n'a pas été bon pour le poète, ou bien sa recommandation ne lui a pas servi auprès de son patron; car François fait à son propos des réflexions assez amères : il traduit les paroles de l'Ecclésiaste recommandant au pauvre de ne pas entrer en conflit avec l'homme puissante Mais Villon ne peut estimer sa pauvreté; il ne saurait non plus s'accommoder du rôle de héros pastoral que joue en ce moment le roi René : à cette vie de Franc Gontier, il oppose sa propre conception du bonheur, et il envoie ce « Contreditz » à M*-' Andry, procureur du roi berger.

Villon se rappelle encore cette vieille veuve parisienne, Mademoiselle de Bruyères^, qui possédait l'hôtel du Pet-au-

1. Ce traité célèbre de cuisine a été imprimé dans le cours du xve siècle (G. Brunet, La France littéraire, p. 196-197). Cf. l'édition de J. Pichon et G. Vicaire, 1892.

2. Déjà raillé par Geoffroy de Paris, Martire de S. Bacus, p. 217-218 (il parle du Keii Macaire, qui toiisjoiirs œvre par contraire') Cf. Remania, XXX, p. 380, note de G. Paris. Mais il se pourrait aussi que Villon fît confusion avec S. Macaire dont Jacques de Voragine assure qu'il était « puissant sur les démons » (Légende dorée).

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