‹ François Villon (volume 2)Chapitre 128 sur 402 · I. T., h. 160-2. Cf. ch. XIV (suite). — 2. T., h · texte numérisé non relu

I. T., h. 160-2. Cf. ch. XIV (suite). — 2. T., h

3. La chapelle Saincie Avoye estait lors et de nostre temps eslevée d'un estaige (Marot). — Cf. Eustache Deschamps, IV, p. 279 ; VEvangille des Quenouilles, p. 24. G. Alecis (éd. Picot, I, p. 358) a dit :

Me transportay gorrier vers Sainte Avoye.

4. Voir t. I., p 290-292. Le sens de la plaisanterie n'est pas douteux. Et sans doute Villon s'est souvenu du Testament de Deschamps (VIII. p. 29) :

J'ay esleu ma bière — En l'air pour double de périr.

5. T., V. 1892. Cf. Le grant Testament de Taste Vin, iXzns M.orA3À^on, Ane. poésies françaises, III, p. 78.

6. On a expliqué ce vers en disant que la misère et une vieillesse prématurée avaient amené la perte de ses cheveux, etc. Mais il pourrait peut-être s'agir d'un châtiment légal, tel que celui qui était infligé aux clercs bigames, à ceux qui usaient de tonsures contre le droit, aux indignes, etc. Cf. Registre du Chdtelet, I, p. 152, p. 204; II, p. 303. L'expression dans tous les cas est de style « Rez tout jus comme, etc. ».

C'était alors un dicton commun qu'on ne sonnait pas les cloches pour les pauvres'. On sonnera pour Villon le gros beffroi de la tour de Notre-Dame ; et, pour leur peine, les carillonneurs recevront quatre ou six miches, ce que donnaient alors les riches : mais les miches de Villon seront celles qu'à Paris on nomme miches de saint Etienne, c'est-à-dire des cailloux ronds en forme de petits pains, tout semblables à ceux dont le diacre fut lapidé ^ Et nous savons encore qu'en ce temps-là, il y avait eu un assez grand désordre dans les sonneries de Notre-Dame ; que des misérables faisaient le travail qu'auraient dû assurer les gras et riches marguilliers '. Ces gens de rien que sont alors les sonneurs, Villon les choisira parmi les personnages les plus fortunés et les plus considérables de Paris : et il nomme Guillaume Volant, un puissant marchand, et Jean de la Garde, le très riche épicier'^. Des avares, évidemment, que les moralistes de ce temps représentent toujours lapidés, comme le diacre, mais dans l'enfer \

Il lui reste maintenant à déterminer les exécuteurs responsables de son testament ^. Ceux que Villon va nommer posséderont « bien de quoi » : ses légataires auront lieu d'être satisfaits. François en désignera six : trois sont de très puissants personnages, trois autres, des fripons ou des gens de rien. Or Frémin, le clerc, écrit les noms de Martin de Bellefaye, lieutenant criminel du Châtelet, du puissant et riche sire Guillaume Colombel, de Michel Jouvenel, le receveur des Aides, un homme très fortuné'. Ces trois-là, François les charge d'agir au nom de tous : ils en ont bien les moyens. Toutefois Villon

1 . « Pour pauvre personne guères on ne sonne « (Gabr. Meurier, Trésor des sentences dans Le Roux de Lincy, Proverbes français, \, p. 35).

2. T., h. 167. — Il va, au musée de Cluny, une charmante statuette de saint Etienne qui commente parfaitement ce passage. (Salle des Emaux, xiV siècle) Marot en avait la tradition « Miches de Saint Estienne, des pierres. »

Page 1