‹ François Villon (volume 2)Chapitre 13 sur 402 · A. Longnon, Etude biographique, p · texte numérisé non relu

A. Longnon, Etude biographique, p

nances de police, le barbier lui demanda son nom, et celui de sa victime. François répondit se nommer Michel Mouton et dénonça Philippe Sermoise pour le faire arrêter le lendemain.

Ce n'était guère la peine. Des voisins avaient ramassé Sermoise dans le cloître Saint-Benoît, portant toujours sa dague dans l'aine. On le coucha dans cette maison du cloître qui servait de prison, non loin de la porte ouvrant sur la rue Saint-Jacques. On le soigna et un examinateur du Châtelet vint l'interroger. Et là cet homme, naguère furieux, aurait déclaré, ce qui demeure peu croyable, que, s'il mourait de ce coup, il ne voulait pas que ses amis poursuivissent sa vengeance ; qu'il pardonnait à son meurtrier, « pour certaines causes qui à ce le mouvaient ». Mais, ce qui est certain, c'est que le lendemain on transportait Sermoise à l'Hôtel-Dicu, où il trépassa le samedi suivant.

Certes, Villon s'était trouvé dans un cas de légitime défense, et l'on ne saurait demander du sang-froid à qui vient d'avoir la lèvre fendue d'un coup de dague. Mais tout n'est pas aussi clair dans cette affaire. Nous ignorons l'offense qu'avait reçue Sermoise ; peut-être la petite Isabeau, qui s'était sauvée, la connaissait ? Cependant Villon avait eu le tort de déclarer un faux nom au barbier, un nom réel au demeurant '. Et pourquoi surtout estima-t-il, par crainte de la justice, qu'il devait s'absenter?

Il quitta aussitôt Paris et se cacha pendant sept mois. Alors, comme celui qui fut son maître en ballades, Villon aurait pu dire ^ :

Adieu m'amour, adieu douces fillettes.

Adieu Grant Pont, Haies, estuves, bains. Adieu pourpoins, chauces, vestures nectes. Adieu harnois, tant clouez comme plains. Adieu molz Hz, broderie et beaux seins, Adieu dances, adieu qui les hantez,

1. On trouve un prisonnier pour dettes de ce nom à la Conciergerie, le 22 août 1450 (Arch. Naî., X'» 8304, fol. 486).

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