Eustache Deschamps, V, p
Adieu connins, perdiz que je reclaims.
Adieu Paris, adieu petiz pastez !
Adieu chapeaulx faiz de toutes fleurettes, Adieu bons vins, ypocras, doulx compains, Adieu poisson de mer, d'eaues doulcettes. Adieu moustiers ou l'en voit les doulz sains Dont pluseurs sont maintesfoiz chappellains ; Adieu déduit et dames qui chantez :
En Languedoc m'en vois comme contrains ; Adieu Paris, adieu petiz pastez... !
Que devint-il dans ce premier exil volontaire ? Nous l'ignorons. Mais il y a lieu de croire que Villon se terra non loin de la ville. Bourg-la-Reine, le gros village que l'on rencontrait au sortir du Paris universitaire, sur la route d'Orléans ', paraît assez désigné pour avoir été ce premier exil, à moins qu'on ne lui préfère le vallon broussailleux et les eaux dormantes de Port- Royal \ Car, en 1461, François Villon dira : '
Item, donne a Perrot Girart, Barbier juré du Bourg la Royne, Deux bacins et ung coquemart, Puis qu'a gaignier met telle paine.
Des ans y a demie douzaine Qu'en son hostel de cochons gras M'apatella une sepmaine, Tesmoing l'abesse de Pourras,
Or « Pourras » était le nom vulgaire de Port-Royal ^. Et c€ que nous savons de l'abbesse de ce temps, Huguette du Hamel, nous laisse croire qu'elle pouvait être témoin indulgente ou complice des « repues franches » dont François Villon vécut nécessairement alors.
On la disait fille de l'abbé de Saint-Riquier, Hugues Cuilierel. Entrée en religion vers 1459, elle était devenue abbesse de Port-Royal à la mort de Michelle de Langres, en 1454 ou 1455.