‹ François Villon (volume 2)Chapitre 138 sur 402 · Bibl. de Stockholm, ms. fr. LUI · texte numérisé non relu

Bibl. de Stockholm, ms. fr. LUI

4. Ung vielx prestrc dessus un viel chev.il Et un huvel de bievre anciennal ; Par les costés cousu, pelé, de irayre, A son costé un grant vielz bazalaire, Sur vielx harnoiz, sanz culliere ou petral, Un esperon du temps du roy Clotaire... Viz l'autre jour ys?ir d'un presbitaire. Hz me sembloient fourrés de cendal,

A son arson pendoit un bréviaire, Quant je les viz du premier au viaire...

Et dessoubz ly unes grans vielles bouges :

Bien eust semblé ou doyen ou vicaire, Prince, sacliiés que ce vielx commissaire

S'il n'eust eu les paupières sy rouges. Bust .\disncr de vin plaines deux courges;

Là eust tué le prévost de Beaucaire, Les yeulx avoir plus rouges que corail, S'il n'eust eu les paupières si rouges!

Et son cheval très malvais luminaire, (Œuvres, t. X, p. XLii).

envieuses de Deschamps '. L'idéal que les deux poètes se font du bonheur et de la vie, c'est-à-dire de jouir de la santé et d'un esprit juste, est bien équivalent; ils ont un goût semblable pour les équivoques', une môme vision sinistre de la vieillesse et de la morf^. Deschamps a évoqué, lui aussi, les anciennes gloires de la France, les preux, les pairs. Du Guesclin ^ ; il sait faire un dialogue^ ; il est enfin, nous l'avons vu, l'auteur d'un court testament burlesque, très analogue d'esprit à celui de Villon', et il a, comme lui, adoré Paris ^ Mais, après avoir constaté tout cela, on aura appris peu de chose. Deschamps n'attache pas beaucoup d'importance à la beauté de la rime, et souvent aussi il use de doubles ballades, où, bien qu'énergique et verveux par nature, il se montre prolixe.

Et quand on se sera diverti à énumérer toutes les sources d'une ballade comme celle des Seigneurs et des Dames du temps jadis, qu'on aura cité les hymnes latines où Jacopone da Todi, saint Bernard ont chanté la fuite désolée du temps, la vanité des choses; tous les pessimistes, depuis Job, qui se sont demandé un jour ce qu'étaient devenus les héros disparus, les

1. Œuvres, VII, p. 5, 33, 35 ; X, p. xxv, xxxi, xxxiv. — Cf. la ballade d'Eustache Deschamps :

De couperas, d'alUn, de vers gris, D'armpniac et de bol armenique,

De sal gemme, de souffre vif saillaut, Avec foison de chair de basilique

De realgar, d'elbore blanc et bis, Potage par morseles luysans

De sublimé, d'arsenic undoyant. En my la mer, chacun sur une brique,

De salpestre, vitreol luisant. Soient servis au disner, mesdisans, etc. ;

la ballade du ms. de Stockholm, fr. LUI, fol. i : Es grans vallées obscures et sulphureuses ; les ballades du Jardin de Plaisance : Langue poignant plus qu'esgnillon... D'une dague forte et ague ; les « Langues esraoulues » dans le Recueil de Farces de Leroux de Lincy. Il y a une imitation par Guillaume Alecis, II, p. 296 et s.

2. Ibid., Il, p. 4; IV, p. 12, 24, 71 ; V, p. 3, 40, 204 ; VI, p. 10.

3. Ibid., IV, p. 282; V, p. 9, 78, 132, 361 , VI, p. 186, 224, 226, 227, 229, 235 ; VII, p. 24, 232 ; VIII, p. 12; IX, p. 153.

4. Ibid., II, p. 52, 121, 130, 156, 248; III, p. 18, 113, 182, 186; VI, p. 40; VII, p. I, S.

5. Ibid., II, p. 27; m, p. 100; IV, p. III ; VI, p. 26: VII, p. 79, 86; VIII, p. 149 ; X, p. Lxxvi.

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