‹ François Villon (volume 2)Chapitre 150 sur 402 · E. Mà\e,op. cit., p. 423 et s · texte numérisé non relu

E. Mà\e,op. cit., p. 423 et s

Eustache Deschamps, entre autres, avait résumé le traité d'Innocent sur notre pauvre corps, cette « charogne à vers » '. Il avait dit la mort égale pour tous, pour les sages et pour les fous, la vanité des grandeurs humaines ^ :

Qu'est devenu David et Salemon, Mathussalé, Josué, Machabée, Olofernes, Alixandre et Sanson, JuUes César et Hector et Pompée ?

Ou est Crises à tout sa renommée, . Artus li roys, Godeffrov, Charlemaigne, Daires le grans. Hercules, Tholomée ?

Ils sont tous mors, le monde est chose vaine !

Qu'est devenuz Denys, le roy félon,

Job le courtois, Thobie et leur lignée,

Aristote, Ypocras et Platon,

Judich, Hester, bonne Penelopée,

Royne Dydo, Pallas, Juno, Medée,

Guenievre, Yseult et la très belle Heleine,

Palamides, Tristan à tout s'éspée ?

Ils sont tous mors, le monde est chose vaine !

Plus près de Villon encore, Pierre de Nesson avait fait entendre de réalistes et lamentables plaintes que notre poète a vraisemblablement lues ' :

Héllas, on enterre le pape, A toute sa grant rouge chappe.

Et le roy couronné, en ceptre, En leurs cloz cymentez charniers Pour les cuider garder entiers !

Mais je voy que l'en ni peult mectre Nulle, tant soit soudée, bière Que la charongne on trcuve entière :

Car les vers d'elle meismc issent.

Qui la decircnt et deveurent ; Les vers, qui en terre demeurent.

N'y attoucheront ja qu'ilz puissent.

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