‹ François Villon (volume 2)Chapitre 153 sur 402 · Vision et songe · texte numérisé non relu

Vision et songe

9. L'erreur des Bohémiens sectateurs de Jean Huss, les Hussites que Jeanne d'Arc menaçait d'aller châtier si elle n'avait été retenue par la guerre avec les Anglais (Procès, V, p. 156).

Je congnois le povoir de Rommc,

Je congnois tout, fors que nioy mcsmes.

Prince, je congnois tout en somme, Je congnois coulourez ou blesmes.

Je congnois Mort qui tous consomme, Je congnois tout, fors que moy mesmes.

C'est là un jeu : Villon se connaissait parfaitement, et nul n'a jamais lu plus clairement au livre de sa conscience. Il savait bien qu'il ne pouvait se trouver d'excuses, comme à « ung povre ydiot et follet » '.

François Villon était alors bien différent du « povre petit escollier », de l'écolier de jadis, sec, noir, mais amoureux et rempli de légère gaîté. Il était plus pauvre encore, plus noir que mûre, plus maigre que la chimère ^ ; sur ses trente ans, vieux, tousseux, il avait perdu cheveux et sourcils ^ Il n'avait pas toujours mangé sur sa route ; il était demeuré de longs mois en prison, au pain et à l'eau : il y avait laissé presque la vie^, et son cœur ne tenait plus qu'à un û\K François avait erré sans gîte comme un chien ^ couché dans les carrières ', porté la balle ^ ; il était dompté par le 'travail ^ ayant sans doute servi les maçons '", pansé les chevaux, fauché dans les champs, aidé à broyer le chanvre ". Une telle santé, qui avait résisté à tant d'épreuves, Villon pouvait bien désirer de l'engager à un lombard usurier, encore qu'elle fût atteinte '' ! Et bien

Page 1