‹ François Villon (volume 2)Chapitre 154 sur 402 · T., h. 10, 62, 76 ; Poésies div., IX, v · texte numérisé non relu

T., h. 10, 62, 76 ; Poésies div., IX, v

des morceaux de sa robe étaient demeurés aux épines de son chemin '.

Mais François a maintenant l'âme repentante du bon prisonnier, la résignation des humbles, le désir de s'amender. Sa foi est vive : le doux Jésus-Christ le sauvera, comme il a sauvé Lazare, le bon pauvre, comme il absoudra tous les pauvres morts \ Il n'ignore pas qu'il est un pécheur et un malheureux : mais un pauvre ne peut être loyaP. Et puis il n'a pas rencontré de pitié, un autre Alexandre comme le pirate Diomède ^ : Charles d'Orléans, qu'il a traité de César, de « doux prince », et qui était bon, cependant, n'a pas été pour lui cet Alexandre. La vérité, ^'illon nous la confesse : il n'était pas persévérant. Ce fut là son malheur \ Il n'avait pas d'argent et aimait trop le plaisir^. De quelle expérience François devait payer ses erreurs, ses fautes ; de quelle misère, on l'a vu ! Aussi, à l'idée de ses persécuteurs, au souvenir des gens qui ne l'ont pas aidé, Villon devient sur l'heure fou de haine. Quand il les rappelle à sa pensée, c'est pour les bafouer, les insulter, les maudire, lui qui vient de nous parler à l'instant comme le doux pauvre de Dieu.

Cette haine a martelé de puissante façon les huitains du Testatnent ; mais par le repentir qu'il y exprime, le poète a su nous attacher à lui.

La contradiction de sa nature, à la fois bonne et mauvaise, les circonstances extraordinaires dans lesquelles il créa son poème, sont pour beaucoup dans le pathétique du Testament : un art souverain en fait cependant tout le prix. Dans cette œuvre de vengeance, Villon a su traduire, comme l'art religieux et populaire de son temps, le meilleur de la tendresse et de l'inquiétude humaines ; mais, par un miracle de son génie, il l'a parée des sortilèges d'une impérissable beauté.

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