‹ François Villon (volume 2)Chapitre 162 sur 402 · Ibid., II, p · texte numérisé non relu

Ibid., II, p

Je vois morir, hi mort m'avance.

Mais il me desplaist, somme toute ; Qu'est ce de maie acoustumance ?

Tel a beau yeux qui ne voit goûte.

Et l'on voyait le pauvre petit homme, portant chapeau pointu et manteau rapiécé, tendre la main au grand usurier :

Usure est tant maulvais pechié, Comme chascun dit et raconte !

Et cest homme qui approché Se sent, de la mort ne tient conte :

Mesme l'argent que ma main compte Encore à usure me preste !

— Il devra de retour au compte :

N'est pas quitte qui doit de reste '.

On contait enfin l'histoire de ce prêtre qui avait refusé d'enterrer au cimetière le corps de l'usurier. Sur l'insistance de ses amis, il résolut de s'en remettre à la volonté de Notre- Seigneur. On convient donc de hisser le corps de l'usurier sur le dos d'un âne : là où l'âne le portera, fût-ce au cimetière ou à l'église, le prêtre enterrera le défunt. L'âne est laissé en liberté : il va droit au gibet, sous les fourches patibulaires où l'on suspend les larrons ; et c'est là qu'il le dépose, sur un fumier : « Avisez la sentence de Notre-Seigneur contre les usuriers dont nous avons dessus parlé et faites mention », ajoute le dévot conteur. En considération des biens qu'il légua aux religieux, on enterra un autre usurier dans le cloître d'une abbaye. Or, toutes les nuits, il sortait de son tombeau pour tourmenter les moines : il leur demandait de le mettre hors de terre sainte, car il n'était pas digne d'y reposer. Les religieux donnèrent satisfaction à son désir et le mort les laissa désormais en paix\ C'était enfin une croyance générale que les prêteurs à intérêt devaient restituer partie de leur fortune ' :

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