CHAPITRE XV
Ainsi François Villon était rentré à Paris où il avait composé, surtout de ses souvenirs et de ses dures expériences, le Testament. Peut-être y fut-il malade et, de cet état, a-t-il tiré l'idée de son poème ? Il est certain que sa santé n'était plus bonne ; il était bien vieilli et tousseux, avait perdu cheveux et sourcils et ressemblait exactement à un navet qu'on vient de peler. Il se cachait enfin puisque, assure-t-il, celui qui aurait découvert son abri, et le lit où il était alors couché, se serait montré plus fort que le devin auquel on s'adressait de son temps pour retrouver les objets perdus.
Mais aussi Villon avait beaucoup réfléchi ; il s'était promis de vivre désormais en sagesse, en paix, en piété. Son existence passée ne lui paraissait plus qu'une suite d'ordures, une longue folie ; et surtout il s'était dit qu'il ne serait plus voleur, comme il l'avait été, par faiblesse, par « lascheté ». Il méditait sur la sagesse de l'épître de saint Paul aux Romains '. Ses mauvais compagnons de plaisir, François ne les nommait plus de « beaux enfants » % des gens d'esprit légèrement étourdis : ce sont de malheureux fous à qui il parle gravement ' :