Belle leçon aux enfants perdus; Poés. div., X, v
3. Poés. div., I. Cette belle pièce a été restituée à Villon par M. W. G. C. Byvanck (Essai sur le Petit Testament, p. 217, 221). On la rencontre parmi les œuvres d'Alain Chartier, à la fin d'un manuscrit de ce poète. Cf. A. Piaget, dans Roiiniiiia, 1892, p. 429.
23e FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS
Hommes faillis, despourvouz ' de raison, Dcsnaturez et hors de congnoissancc, Desmis du sens, comblez de desraison, Fols abusez, plains de descongnoissance, Qui procurez 2 contre vostre naissance.
Vous soubzmettans a détestable mort Par lascheté, las ! que ne vous remort L'orribleté quia honte vous maine?
Voyez comment maint jeunes homs est mort Par offenccr et prendre autry dcmaine.
Chascun en soy voye sa mesprison, Ne nous venjons, prenons en pacience; Nous congnoissons que ce monde est prison Aux vertueux franchis d'impaciencc ; Battre, touiller 3, pour ce n'est pas science, Tollir, ravir, piller, meurtrir a tort.
De Dieu ne chault, trop de verte se tort 4 Qiii en telz faiz sa jeunesse demaine.
Dont a la fin ses poins doloreux tort Paroffencer et prendre autruy demaine.
Que vault piper >, flater, rire en trayson, Quester'', mentir, affermer sans fiance, Farcer 7, tromper, artifier poison ^, Vivre en pechié, dormir en deffiance De son prouchain sans avoir confiance ? Pour ce conclus : de bien faisons cfiort.
1. Bersaucley suivnnt l'édition de Charlicr de 1489 (frappé de coups).