‹ François Villon (volume 2)Chapitre 172 sur 402 · Le toucher · texte numérisé non relu

Le toucher

11. Il semble qu'il y ait ici comme un souvenir de la liturgie qui accompagne le sacrement de l'Extrême-Onction : per visunt, aiiditiim, odoratutn, gnstiitn et hcitlionem, tactuin, gressum, luinborum dilectationem, etc.

« Souvrainc Court, par qui sommes icy, Vous nous avez gardé de desconfire.

Or la langue ne peut assez souffirc A vous rendre soufîisantes louenges ; Si parlons tous, fille du souvrain Sire ', Mère des bons et seur des benois anges ! »

Cuer, fendez vous, ou percez d'une broche,

Et ne soyez, au moins, plus endurcy

Qu'en ung désert fut la fort bise roche

Dont le peuple des Juifs fut adoulcy ^ :

Fondez lernies et venez a mercy ;

Comme humbk cuer qui tendrement souspire.

Louez la Court, conjointe au saint empire 3,

L'cur des Françoys, le confort des estranges4,

Procréée lassus ou ciel empire 5,

Mère des bons et seur des benois anges !

Et vous, mes dens, chascunc si s'esloche (' ;

Saillez avant, rendez a tous mercy,

Plus hautement qu'orgue, trompe, ne cloche,

Et de maschier n'ayez ores soussy ;

Considérez que je feusse transsy 7,

Foye, pommon, et rate qui respire ;

Et vous, mon corps, qui vil estes et pire

Qju'ours ne pourceau qui fait son nyt es fimges,

Louez la Court, avant qu'il vous empire.

Mère des bons et seur des benois anges !

Prince, trois jours ne vueillez m'escondire **, Pour moy pourveoir et aux miens « a Dieu » dire ;

1. La cour de Parlement, comme l'Université, était dite fille des rois. (Cf. M. Aubert, Le Parlement de Paris).

2. Exod., XVII, 6 : En ego staho Un coram te, supra petravi Horeh : perculiesqtie petraiii et exilnt ex ea aqna, ut hibat popuJus. Fecit Moyses ita corain seniorihus Israël.

3. A l'empire du ciel. Le Parlement n'avait pas d'attache avec le Saint-Empire.

4. Le bonheur des Français et l'appui des étrangers, dit-il. Le Parlement était une juridiction d'appel pour toute la France. Les étrangers de passage venaient y entendre des jugements. Ainsi le fit l'Empereur en 141 5 (Religieux de Saint-Denys, V. p. 745).

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