Poés. div., I, V
il dira dans la ballade des contre-vérités qu'il n'est « lettre vraye que tragédie » '. Enfin nous voyons que dans ses Mémoires, le Messin Philippe de Vigneulles parle en 1303 d'un certain Jean Mangin, « ung second Françoys Villon en l'art de bien rimer, de bien juer fairxc et de tout embaitement ».
Dans s*a cruauté, la plaisanterie tragique faite à Tappecoue a un grand accent de vérité : du moins est-elle bien dans les mœurs du xv^ siècle ^
Mais il y a quelques difficultés à admettre absolument la vérité de ce récit. Quel est cet « homme de bien », abbé de Saint- Maixent, qui serait devenu le protecteur de notre poète ? L'abbé de Saint-Maixent fut entre 146 1 et 1475 Jacques Chevaliei;, neveu de Jean Chevalier, également abbé'. On ne voit pas les relations que François Villon aurait pu avoir avec ce personnage. Il est plus difficile encore de penser que Villon ait fait de « vieux jours » sans avoir produit quelque œuvre où sa personnalité si forte n'apparaîtrait pas, où il ne nous parlerait pas encore et toujours de lui-même? Or on ne connaît rien, absolument rien de Villon qui soit postérieur à son départ de Paris. Et comment imaginer qu'il ait vécu longtemps, alors qu'il semblait déjà si malade, épuisé par tant de privations ? Suivant le récit de Rabelais, Villon fait allusion à un séjour à Bruxelles, bien invraisemblable aussi. Mais surtout il est fort dommage