Bibl. Nat., n. acq. fr. 3243. fol. lo-ii
6. Arch. Nat., KK. 408, fol. 218 v° (7' compte de la ville de Jean Luillier).
pouvoir de convoquer, entre autres la veille des Rois, les jeunes gens, ses sujets, qui promettaient de garder ses ordonnances. Ceux-ci se déguisaient, se noircissant la figure, se coiffaient de vieux bonnets garnis de plumes, ayant en écharpe une bride de cheval, portant un cpieu ou une trompe de chasse, un bras couvert et l'autre nu, une estrille au derrière '. Les délinquants, le Prince les condamnait à être jetés dans la fosse du Prince, qui était au Saut du Moulin, sur le Grand-Morin ; à d'autres, on faisait le simulacre de leur couper la tête, en figurant sans doute le billot avec un seau d'eau : les défaillants, le prince les faisait requérir au son d'une trompe de bois -. On retrouve là une copie burlesque de l'office de la royauté.
Or, on sait qu'à leur joyeuse entrée dans les villes, les rois avaient coutume de faire jeter dans la foule des pièces d'argent qui provoquaient des acclamations. Il est vraisemblable de penser que le Prince des Sots agissait de même. Mais les écus qu'il distribuait devaient être des pièces de carton par exemple, ou des rondelles de bois. Ce sont ces écus-là que Villon lègue à un pauvre concierge royal, logé dans un hôtel sans toit, et dont la misère devait être légendaire à Paris.
Cest encore au Prince des Sots que Villon fera le legs d'un bon fou : Michault du Four?, ce sergent à verge du Châtelet, en 1457, qui participa à l'enquête sur le vol du collège de Navarre. Or, selon notre charitable auteur, c'était là un personnage stupide, disant de bons mots et chantant, sans doute de façon ridicule, la chanson « Ma douce amour » :
Il aura, o ce, le bonjour 4 ;
Brief, mais qu'il fust ung peu en point 5,
Il est ung droit sot de séjour f'
Et est plaisant ou il n'est point.
\'illon n'appréciait pas la gaîté officielle du clerc de la Municipalité.