Voir ch. Vlli
hôpitaux son lit ' ; à ceux qui couchent sous les auvents des boutiques", un coup de poing sur l'œil, « une grongnée ' » qui les réveillera en sursaut; ils trembleront de tous leurs membres:
Megres, velus et morfondus.
Il est vrai que François ajoute à son legs des chausses courtes, c'est-à-dire une façon de chaussettes, et une robe rognée qui ne fera pas leur affaire pendant les froids vifs de cet hiver ^.
Le tableau qu'il vient de tracer de ces misérables, qui portent le poil hirsute, comme tous les pauvres, rappelle à Villon qu'il a oublié son propre barbier, son tailleur et son cordonnier. L'un recevra la coupe de ses cheveux, l'autre ses vieux souliers, le troisième ses vieux habits :
Pour moins qu'ilz me cousterent neufz Charitablement je leur laisse >.
Et François Villon reprend la série de ses legs charitables en faveur des ordres mendiants, des Filles-Dieu, des Béguines de Paris ^ :
Savoureux morceaulxet frians, Flaons, chappons et grasses gelines.
Ils pourront encore annoncer les Qiiinze signes du Jugement final", thème dont ils abusaient; recueillir des deux mains le pain qu'ils quêtaient en errant à travers les rues : et si les « Carmes chevauchent noz voisines », qu'est-ce que cela peut nous faire ** ?
Il semble que les legs devraient s'arrêter sur ces pieuses considérations, comme on le voit dans les testaments. Mais
1 . (( Item, je lesse audit Hostel Dieu de Paris mon meilleur lit et ma meilleure chambre de sarge... » A. Tuetey, op. cit., p. 34 (Testament de Pierre du Chastel, maître des Comptes, ad a. 1394 etpassitii).
2. Cf. ch. V, § III — 3. Godefroy, ml i'. groingnie. 4. L., h. 30. — 5. L., V. 247-248.
6. Voir ch. VI, § 11. Cf. le Testament d'Eustache Deschamps, VIII, p. 30.