Cf. Byvanck, op. cit., p
30 FRANÇOIS VILLON, SA VlH ET SON TEMPS
plusieurs personnages de sa connaissance ont été oubliés et reviennent à son esprit : d'abord Jean de la Garde, valet de chambre et épicier de la reine '. 11 recevra un Morlicr d'or, une enseigne fréquente chez les épiciers de Paris, qui vendaient toutes sortes de condiments piles ; une potence de Saint- Maur, c'est-à-dire la béquille que les pèlerins allaient offrir au saint guérisseur de la goutte, lui servira comme pilon pour broyer sa moutarde. Qiiant à l'anonyme qui fit sur Villon de « griefs exploits », c'est-à-dire qui le mit en procès, il lui souhaite le feu Saint-Antoine, que l'on nommait aussi mal des Ardents, l'érésypèle. Et voici enfin Pierre Merbeuf et Nicolas de Louviers, deux riches Parisiens^ : ils recevront l'écaillé d'un œuf' :
Plaine de frans et d'cscus vieulx,
ce qui ne les enrichira pas ; quant à Pierre de Rousseville •*, François l'instituera gardien de cette ruine qu'est Gouvieulx, charge qu'il exerçait déjà, mais sans profit'. Or Villon, toujours pitoyable, y ajoute:
Pour le donner entendre mieulx Escuz tels que le Prince donne.
Ces écus, Rousseville doit bien le comprendre, sont ceux que le Prince des Sots distribue ^
Il était neuf heures et la belle cloche de Sorbonne sonnait le couvre-feu universitaire. Villon est tiré un moment de son rêve et prie ' :