‹ François Villon (volume 2)Chapitre 289 sur 402 · Arch. Nat., LL. 784, fol · texte numérisé non relu

Arch. Nat., LL. 784, fol

7. Arch. Nat., LL. 115, p. i}2. — 8. Arch. Nat., LL. 119, p. 1030. 9. .\rch. Nat., S. 5114B. — 10. Arch. Nat., S. 889B.

entre 1458 et 1463. On voit qu'il demeurait, en 1463, au coin de la rue de la Juiverie, à l'enseigne de la Nasse, au lieu dit Marché-Palu. Colin Galerne signera encore le compte de sa paroisse de 1470 à 1474'.

Le métier de barbier comportait, comme on sait, l'exercice de la chirurgie. Cette corporation était donc sévèrement organisée ^. Un maître barbier régentait tous les autres : dans les bonnes villes, il avait un lieutenant ; et nul ne pouvait exercer l'office de barbier sans être passé maître.

Pour devenir maître à Paris, il fallait subir un examen devant les quatre barbiers jurés, qui adressaient un rapport au barbier du roi, et les avoir servis pendant quatre mois. Forts de leurs privilèges, ces barbiers jurés empêchaient les petits compagnons de recevoir la maîtrise. Ces examens étaient l'occasion de scènes burleqsues, où les maîtres traînaient en longueur les épreuves du chef-d'œuvre, afin de se faire régaler de bons vins et deviandes délicates, aux dépens du candidat : ils appréciaient fort les perdrix, le faisan et le chevreau. Chaque maître pouvait prendre à cette occasion 5 sols; en réalité, ils prenaient 2 ou 3 écus ; à leur femme, il fallait présenter le chaperon, et 10 écus à la confrérie. Les maîtres faussaient de temps à autre les lancettes; et plusieurs fois les chirurgiens, qui se plaignaient de ces pratiques, durent intervenir?.

On allait aussi chercher de misérables mendiants, dont l'office était de se faire saigner à ces examens, moyennant une petite rétribution. Or quand les jurés étaient défavorables au candidat, ils subornaient les gens soumis à l'épreuve, afin de créer des difficultés de plus au novice opérateur. Le métier restait donc fermé ; et pour devenir barbier, le mieux était encore d'épouser la fille d'un barbier ou de servir sa veuve. Ainsi, après être demeuré quinze ans avec les barbiers de Paris, un nommé Gilbert le Roux fut seulement autorisé à produire son chef-d'œuvre 4. Il fallait enfin être de bonne vie et mœurs, tenir un ouvroir à Paris, ne jamais saigner hors de sa boutique, ni conserver du sang après midi, ou dans les bains de pied plus de deux heures 5. Cependant tous les barbiers ne se montraient pas adroits :

Tel pent à son huis le bassin Qui ne sauroit traire une chievre

dira-t-on bientôt dans les Faintises du Monde.

Galerne, vraisemblablement fils de barbier, ne connut aucune de ces difficultés. On l'a vu déjà barbier des enfants de chœur de Notre-Dame, en 1459. Le 26 juin 1460, il était cité devant l'official et affirmait avoir connu jadis

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