‹ François Villon (volume 2)Chapitre 290 sur 402 · JU · texte numérisé non relu

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certaine licence de l'évêque de Paris autorisant les barbiers à travailler le mercredi de la Saint Barnabe, discrètement, et sans ouvrir leur ouvroir'. On peut croire aussi que Galerne ne se montrait pas fort généreux : car, le 1 6 mars

1461, Jacob le Fauqueur, clerc de l'église Saint-Germain-le-Vieux, comparaissait devant l'official. On lui demanda pourquoi il ne portait pas l'eau bénite chez Colin Galerne, comme il devait le faire chez les paroissiens : il répondit qu'on ne lui donnait rien dans cette maison. Mais par contre, Galerne savait bien réclamer le paiement de soins donnés à des clercs blessés^. Le 21 octobre

1462, il était procureur du métier et déclarait, à ce titre, devant l'official que depuis quatre ans plusieurs barbiers de Paris avaient été cités pour avoir travaillé certains jours fériés, en particulier le jour de la Sainte Madeleine. Alors Galerne avait été trouver l'évêque, à qui il rapporta comment M^ Jean Laurens leur faisait un procès à ce sujet. Sur quoi l'évêque avait demandé à Jean Laurens de les laisser en paix : et il imposa seulement aux barbiers d'observer les fêtes des saintes Catherine, Madeleine, de saint Denis et des saints Apôtres. Car le peuple se rendait à Paris surtout le samedi et aux fêtes, et il fallait bien raser les faces de tous ces artisans 3.

En 1469, Colin Galerne était lieutenant de Jean Monnoiel, procureur du barbier du roi 4. Le 22 décembre 1477, comme lieutenant du maître, il plaidait contre un certain Hostelin. Ce dernier était venu habiter Paris pour exercer la profession de barbier, dans l'espérance d'obtenir la maîtrise; ainsi, depuis 1465, il avait demeuré dans la maison de plusieurs maîtres, apprenant le métier. En 1476, il se présentait devant Colin Galerne et les quatre jurés afin de subir son examen. On ne lui donnait pas de réponse. Or, pendant quatre semaines, on lui avait fait saigner vingt ou vingt-deux personnes, « voire gens morfondus, galeux et rongneux, qu'ilz amenoient de Saint Innocent, et les prenoient entre ung tas de cocquins qui communément s'i tiennent ». Il avait en outre saigné au pied une jeune fille « du pyé en l'eaue, qui ne sert que d'estre seignée » : c'était son métier, et elle recevait de l'argent pour cela ; à ce point, assure le candidat, « qu'elle a la vene dure comme une corne ». Pareillement il saigna un « coquin » sur le front, qui avait bien reçu déjà quarante ou cinquante coups de lancettes. Pendant ce temps, Hostelin avait dû nourrir les maîtres jurés, à tel jour de viande, etc., vers Pâques, de chevreaux, de bons morceaux, de bons vins de Beaune et du Rhin et d'autres : car « ou rcgart des vins françoys, ce n'estoient ce qu'ils demandoient ». Ainsi Hostelin dépensa 30 à 40 francs !

Voyant qu'il se ruinait sans résultat, Hostelin s'adressa à Galerne, afin qu'il fît son rapport : mais les jurés lui déclarèrent que son chef-d'œuvre n'était pas suffisant. Hostelin demanda en quoi il avait falli. On ne lui répondit toujours pas. Sur quoi il appela devant la Cour et demanda l'exper-

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