rch. Nat., X'* 481 1, fol
FRANÇOIS VILLOX. — II. 2$
38e FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS
droit point; et fault bien souvent qu'ilz soient amenez céans, et font de grans despens, adco qu'il n'y a clerc qui ne ayme mieulx estre pugny par l'evesque que par le prevost... Et suposé que soient requis, le retient ung moys, XV jours ou trois scpmaines ; et si fait paier pour l'informacion ung escu, les interrogatoires ung escu, XX ou XXVI solz, et pour l'escroe ung escu, ou ce que on en peut avoir, et les despens du geôlier... ' »
Or, s'il était dur aux clercs parisiens, en général, Pierre de la Dehors se montrait rigoureux aussi envers ceux de la Cour : ainsi, le 2 mai 1476, il fit arrêter les trompettes qui accompagnaient les suppôts de la Basoche : la Cour enjoignit à La Dehors de les délivrer sans délai ^.
Le 20 juillet 1478, Pierre de la Dehors est dit conseiller du roi et lieutenant criminel ; il émancipait ses enfants : Joachim, âgé de 21 ans ; Guillaume, qui avait 17 ans; Jean, 15 ans; Jeanne, 12 ans; Agnès, 11 ans, et Colette, 7 ans 3, Le 13 octobre 1481, il s'opposait à ce qu'un autre fût institué dans son office4. Cette aftaire dut susciter dans sa famille une colère très vive, puisque, le 18 mai 1482, on enjoignit à ses fils, Joachim et Jean, de ne pas faire de mal à Pierre de la Porte, qui venait d'être nommé lieutenant criminel, et de ne pas porter de bâtons >. Il était toujours lieutenant, le 15 mai 1484 : Olivier le Daim lui écrivait qu'il ferait bien de dire la vérité à M'^ Jean Angenoust, conseiller du roi, et à Jean Chambellan 6. Pierre de la Dehors est encore mentionné à la date du 4 mars 1486/ (n. st.).
Pierre de la Dehors avait vendu, le 26 juin 1461, la maison à l'enseigne des Champions, place Maubert, à Jacotin Cardon, un des légataires de Villon ^. Il demeurait, le 9 avril 1470, rue de la Verrerie 9.
Tel se montra le lieutenant criminel qui mit X'illon à la question et poursuivit si rigoureusement les clercs ; tel fut le boucher qui fit boire le pauvre poète dans « l'écorcherie » ; tel nous apparaît ce personnage obstiné qui survécut à la rancune du plus absolu des rois.
LIIL — LA FAMILLE DE CANLERS
Les Canlers étaient issus de Jacques, notaire et secrétaire du roi en 142 1 "o : cette année-là, sa maison à Paris, ainsi que celle de son frère Martin, contrô-
1. Arch. Nat., X'" 4817, foL 163 V ; Marcel Sclnvob, Introduction ii la Rt'proilnrlion facsimilé du manuscrit de Stockholm, p. 41.