‹ François Villon (volume 2)Chapitre 33 sur 402 · Arch. Nat., M. 180; Launoi, op. cit., p. 170 et s · texte numérisé non relu

Arch. Nat., M. 180; Launoi, op. cit., p. 170 et s

5. Arch. Nat., M. 180. — Sur Geoffroy le Normant, cf. Arch. Nat., S. i6i8, fol. 6 vo, 53 vo, 56.

jour comme la nuit. La porte du haut, donnant sur la rue de Bordelles, ne sera plus ouverte que pour des causes raisonnables, pour les exercices des scolastiques, à la discrétion du maître du collège qui conservera les clefs de tous les huis donnant sur la rue, et par où on introduisait des victuailles. Si l'on doit s'en servir, il faudra les lui demander, comme c'était autrefois la coutume. Pour faire échec à cette multitude d'écoliers non boursiers, qui avaient amené une si grande confusion, ruiné les mœurs, la science, et les bâtiments même du collège, on devra boucher l'ouverture que le maître des grammairiens avait fait ouvrir dans le mur, il y avait quelque vingt ans, afin que les non boursiers pussent passer et se rendre dans les maisons voisines qu'ils louaient. Défense absolue était faite, même au maître des grammairiens et des articns, d'introduire dans la maison aucun élève non boursier, aucun étranger, de recevoir à table un commensal plus de six jours. A l'avenir, chaque maître des artiens et des grammairiens payera pour le logement d'un écolier non boursier 48 s. : 24 s. pour le collège où il demeurera ; 24 s. pour le collège de Navarre. Le maître des grammairiens, suivant les anciens statuts, couchera dans la maison collégiale près des enfants, les formera fidèlement aux bonnes mœurs et à la science, leur dispensera le boire et le manger, pourvoira décemment au matériel. Les écoliers devront entendre diligemment les leçons, recevoir une nourriture saine et suffisante ; avoir des écuelles et des verres ; toucher au moins deux fois par semaine des serviettes blanches et propres : car beaucoup étaient sordides et maculées. Les boursiers entendront la messe, les dimanches et les jours de fêtes : dans la chapelle du collège, des sièges et des chaises seront réservés aux grammairiens et aux artiens boursiers. Et afin que les édifices du cloître, les verrières de la chapelle ne souff'rent pas de dommages, pour éviter que l'étude soit désormais contrariée par le tumulte des jeux, les maîtres et sous-maîtres des grammairiens et des artiens empêcheront que les écoliers ne jouent dans le cloître, proche de la chapelle, et dans le préau. Aux

maîtres, on rappelait que les leçons et les disputes devaient avoir lieu régulièrement. Ils assisteront aux repas communs. On visitera les chambres des écoliers, afin de constater qu'ils n'errent pas à travers la ville, donnant au jeu le temps qu'il convient de consacrer à l'étude. Danses et mimes sont interdits, sauf à la fête des Rois, suivant l'antique usage. Mais après dix heures du soir, on ne pourra chanter ni danser à aucune fête. Les membres du collège, hors de la maison, ne porteront pas d'armes, afin d'éviter les dangers et scandale qui en résultaient, comme on avait pu le vérifier cette année-là. Les maîtres ne devront pas exiger plus de 2 s. pro prima figura ; à la fin de l'explication d'un livre, plus d'un écu ; aux fêtes des Nations, plus de 2 s. Le roi de la fève ne payera que de 2 écus. Défense, à certaines fêtes, d'élire un empereur. Les grammairiens demeureront avec les grammairiens, les artiens avec les artiens. Les théologiens ne mangeront plus dans leur chambre et suivront réellement le service divin : ils ne seront donc pas tenus pour présents ceux qui disputent à cette heure-là ou se gromènent en parlant dans la nef de la chapelle. On rappelait que les argumentations théologiques étaient obligatoires. Enfin clercs et chapelains devront assurer régulièrement les matines, les messes et les heures '.

Il y avait quelqu'un qui connaissait le désordre de cette vénérable demeure, le secret de ses portes ouvertes, le passage des maisons voisines au collège ; il n'ignorait pas non plus que dans la sacristie de la chapelle se trouvait un grand cofi're où la communauté déposait son argent \ Cet homme, si au courant des choses universitaires, c'était François Villon. En ce temps-là il avait de dangereuses relations : M^ Guy Tabary, clerc comme lui, un compagnon de ses farces de jadis, qui avait copié en grosses lettres le Roman du Pet au Diable ; un moine picard, damp Nicolas; Colin de Cayeux, fils d'un serrurier parisien, un

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