‹ François Villon (volume 2)Chapitre 36 sur 402 · CHAPITRE XI (fin · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI (fin

(Décembre I4j6-i4jy ?).

Parti de Paris, les derniers jours de l'année 1456, Villon avait dirigé ses pas sur Angers ; dans les jours froids et courts de janvier, il dut arriver en cette bonne ville assise sur la Maine.

Entrant par la porte Saint-Michel et les basses rues commerçantes, le voyageur qui, arrivé de Paris, gagnait les bords de la rivière, apercevait, comme on les voit encore, parmi beaucoup d'autres clochers, les tours carrées de Saint-Maurice et la masse pesante et sombre de l'antique château. Car la ville était pleine d'églises, de couvents ; et on y entendait sonner les cloches du matin au soir. Aussi disait-on proverbialement : « Les sonneurs d'Angers », ou encore : « Angers, basse ville et hauts clochers, riches putains, pauvres écoliers '. » Le désir de voir un oncle, moine dans l'un des couvents de cette ville sonnante, sen'ait de prétexte à ce voyage : mais en réalité, on l'a vu, M^ François entendait obtenir de lui des renseignements sur un autre religieux, très riche, que ses associés pourraient dévaliser un jour ^

Villon retrouvait donc un parent dans cette ville, en plus des relations qu'il ne pouvait manquer de nouer rapidement avec les écoliers turbulents de la petite Université d'Angers'.

1. Crapelet, Proi'eibes et dictons du xiiie siècle, p. 68 ; Bourdigné, Chroniques, éd. de Quatrebarbes, p. 21.

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