‹ François Villon (volume 2)Chapitre 39 sur 402 · Lecoy de la Marche, t. II, p · texte numérisé non relu

Lecoy de la Marche, t. II, p

2. Arch. com. de la ville d'Angers, CC 4, compte de 1455-1456; Quatrebarbes, Œuvres complètes du Roi René. II, p. 47.

3. Troisième fils de Bertrand, baron de Précigné : dès l'adolescence il jouit de la dignité épiscopale (Bibl. Nat., lat. 8577, Lettre de Machet à Majoris, aâ. a. 1448) ; il pouvait avoir des attaches parisiennes, comme chanoine de Notre-Dame, dès 1445 (Bibl. Nat., lat., 17740, fol. 223). Son ordination épiscopale, différée sans doute jusqu'à son entrée dans les ordres, n'eut lieu que le 30 décembre 1450, et sa réception solennelle à Angers, le 26 septembre 145 1 (Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, I, p. 275-276). On sait qu'en 1466 il fut débouté de l'évêché et supplanté par son ancien serviteur, enrichi à son service, le très subtil Jean Balue, alors grand favori de Louis XI (Cf. Arch. Nat., X'», 4809, 23 janvier 1466 n. st.). Beauvau recouvra son évêché, dix ans plus tard, et mourut en 1479. — ^ ^ traduit en français V Image du monde qu'il dédia à Louis XI (Bibl. Nat., fr. 612) et, d'après le latin de Philelphe, l'Histoire de Troie de Dion Chrysostome (Bibl. Nat., fr. 24442, fol. 3): un Saint Thomas, qui lui avait appartenu, fut légué par son neveu, Lenoncourt, au collège de Navarre (Bibl. de l'Arsenal, 441).

4. Voir une belle tapisserie de ce temps à l'Evêché d'Angers.

léans \ C'est entre l'année 1454 et cette date qu'il avait produit le meilleur, le plus charmant de ses poèmes, Regnaiilt et Jehanneton\ René était alors tout aux amours de sa seconde femme, Madame Jeanne de Laval, qu'il avait imaginé, dans un doux et fol transport, de célébrer comme une bergère, a une bergeronne », tandis que lui, roi de Sicile, se donnait pour Regnault le berger.

Dans cette pastorale, on respirait comme l'odeur du printemps, de l'herbe fraîche et des buissons fleuris ; on y entendait chanter l'alouette et la grenouille ; il y avait des abeilles et des papillons qui voltigeaient sur des fleurs ; des prés mouillés remplis de violettes, où trottinaient les lapins ; un ruisseau transparent qui découvrait tous ses cailloux, tous ses poissons d'argent que péchait le martinet. Et l'on y voyait aussi des bœufs qui tiraient la charrue dans la terre grasse. Or Regnault était assis sur une souche, auprès de Jehanneton qui lui tendait un morceau de fromage tiré de sa panetière ; et ils se promettaient de s'aimer toujours, en s'embrassant. Ils mangeaient dans leur écuelle de bois des oignons, leur petit fromage avec du sel, des noisettes, des pommes sauvages. Et Briquet, leur grand chien, achevait les reliefs de ce festin. Après quoi berger et bergeronne avaient contemplé les tourterelles amoureuses.

Il serait bien étonnant que François Villon, habile à feindre et charmant, n'ait pas essayé d'entrer en relations avec des seigneurs aussi délicats, et qui pouvaient le protéger : en fait de poésie, il n'avait guère de rival à redouter parmi les rimeurs amateurs de la cour du roi de Sicile. Mais ce n'est là qu'une hypothèse ; tout ce que l'on peut aflirmer, c'est que le roi René se trouvait bien à Angers, avec toute sa cour, quand François Villon y séjourna dans les premiers mois de l'année 1457'. Et peut-être aussi notre fugitif entra-t-il alors en relations

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