Lecoy de la Marche, op. cit., II, p
avec Louis de Beauvau, qui avait combattu jadis dans ce pas d'armes présidé par Madame Ambroise de Loré ". Un personnage, tout désigné pour avoir rempli ce rôle d'intermédiaire ou d'introducteur, ne serait-il pas Andry Couraud, le procureur du roi René à Paris? Villon le connaissait bien, et comme conseiller du roi au Trésor, et aussi parcequ'il demeurait rue Saint-Jacques '.
Or, plus tard, dans le Teslament, nous verrons que Villon léguera à M'^ Andry Couraud une contre-partie de ce tableau de la vie champêtre, une forte réponse à ce berger par excellence qu'était alors « Franc Gontier ^ » ; et comme François s'adresse à un homme de droit, il appellera cette réplique « les Contrediz Franc Gontier ».
Franc Gontier, c'était le type de l'honnête et simple homme, qui gagne sa vie à travailler dans les champs. Une poésie célèbre de Philippe de Vitry avait rendu ce personnage proverbialement connu : et l'on savait alors par cœur ce morceau du riche chanoine prébende, en qui Pétrarque avait salué le seul poète de la France de ce temps-là '^ :
Soubz feuille vert, sur herbe delitable, Lez ru bruiant et prez clere fontaine, Trouvay fichée une borde portable.
Ilec mangeoit Gontier o dame Helayne,
1. Voir ch. VII, § ii. — Il est bien curieux de lire sur le ms. de Stockholm contenant les œuvres de Villon (fr. LUI, fol. 123 v») le nom de B. Beauvau, sous lequel irrévérencieusement on a écrit : Belle Vache. — Bertrand de Beauvau, seigneur de Précigné, 2^ fils de Jean, conseiller et grand maître d'hôtel du roi René, capitaine d'Angers et sénéchal d'Anjou, fut président de la Chambre des Comptes en 1462 : il mourut en 1474 (Bibl. Maz., notes de du Fourny). Cet homme très riche paraît avoir été fort jovial (Dom Béthencourt, Noms féodaux, 1826, I, 84) : marié quatre fois, de ses trois premières femmes il eut 17 enfants (Voir le très curieux procès qu'il eut contre Yde Chastellet, sa troisième femme, qu'il avait prise san5 le sou, et qui lui volait son argent. Arch. Nat., X"», 8310, fol. 162). Sur toute cette famille, voir la Chronique d'Anjou de Bourdigné et Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire,- 1, p. 274-275.