La plus faible monnaie
5. Il ne faut pas prendre cette image à la lettre ; c'était une façon proverbiale de parler. Cf. t. I, p. 119, 310.
6. Non pas le panache, mais la plume qu'emporte le vent, et qu'on ne suivra pas. Cf. Si vous n'aviez d'escuz ung plain chapeau — Il vauldroit niieulx mettre la plume au vent.
(Débat de l'Aviant et de la Davie dans le Jardin de Plaisance) ; CoUerye a dit (éd. d'Héricauh, p. 218):
La plume au vent je gecte à l'aventure.
C'est tout ce que Villon nous a dit de Catherine de Vausselles. Sans doute elle habitait sur la montagne Sainte-Geneviève, près du collège de Navarre. Mais le nom de Vausselles, qui n'atteste pas une origine parisienne, se rencontre assez fréquemment à cette époque à Paris '.Tout ce qu'il importe de connaître, nous le savons cependant : Catherine était une coquette, donc une femme charmante, la plus propre à tourmenter un homme d'intelligence et de cœur. Elle était toute semblable à l'aînée de ces deux sœurs que surprit vers ce temps-là le poète Vaillant. Catherine aurait parlé comme l'une d'elles ^ :
L'en doit faire chiere commune
A ung chascun, soit froit ou chault.
Et se monstrer ainsi com une
A qui de tout bien fort lui chault...
Et puis pensez quel plaisir c'est D'en avoir tousjours cinq ou six.
Car l'ungou l'autre toujours est Auprès de vous, debout ou sis :
L'ung se lieve, l'autre est rassis ; Quant l'ung s'en va, l'autre revient ; L'ung chante ou rit, l'autre est transis; Ainsi de dueil ne vous souvient.
Tousjours vous font quelque beau conte ; L'ung ou l'autre vostre main serre.
Ou l'autre sur le pié vous monte :
L'ung est en paix et l'autre en guerre. Pour cuider vostre amour conquerre.
Vous complaisent à qui mieulx mieulx, Et sont à genoulx ou à terre, Comme devant beau Sire Dieux !
Les ungs vous baisent en la joue.
L'autre baise voz gens tetins, L'autre le coul, ainsi c'on joue, Ou l'autre baille les patins :