‹ François Villon (volume 2)Chapitre 6 sur 402 · Voir la notice à l'appendice · texte numérisé non relu

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2. Cf. Montaiglon, Recueil de poésies françaises, IX, p. 92 et s. — J'ai suivi le texle du ms. fr. 2250, fol. 211 v^.

De ce vient martres et satins, Verges, tissus et cœuvrechiefz; Et vous servent tous les matins En vous faisant plaisans meschiefz.. .

Or se vous estes à l'église, Hz s'en yront là parmener :

Et si voient nul qui les avise, Lors leur verrez bien démener Fort la bouche et les yeulx mener Envers leur Dieu, qui est pour rire ; Puis les scavent bien ramener Soudainement où leur cueur tire !

Mais qu'est-ce qui détermina cette correction dont le souvenir fut cuisant à Villon ? Qui lui valut d'être fustigé, comme ces toiles que les lavandières battent aux ruisseaux? Il semble, on l'a dit, que cette punition ait été légale, puisque plus tard François demandera au bourreau de Paris, M*^ Henry Cousin, de frapper à son tour de verges Noël Jolis, qui paraît bien mêlé à cette histoire '. L'expression être « battu tout nud » était d'ailleurs de style. On se rappelle, par exemple, que le page qui avait fait une chanson contre la femme de Pierre Guillemet, fut condamné par la Cour à être « battu nu » devant sa maison. Et le Parlement défendra aux pages de composer et de chanter de telles « chansons diffamatoires faisans mentions d'aucunes personnes particulières, sur peine de bannissement et d'estre pugniz corporellement^ ». Il est question de semblables refrains dans l'œuvre de Villon ',qui fut mis en procès par Denise pour l'avoir « maudite » : la méchanceté ou la calomnie pouvait bien être son péché mignon. Mais M^ François, qui tient à se donner comme le martyr d'Amour, l'amoureux parfait, s'est sans doute gardé de nous faire savoir qu'après avoir soupiré humblement aux pieds de la coquette Catherine de Vausselles, il l'aura insultée publiquement ou chansonnée.

1. Voir à l'appendice les notices sur Noël Jolis et M^ Henr)'.

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