De Paris
8o FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS
Si doivent estre retrouvez, Par droit, sur Marion l'Ydolle.
Une leçon de mon escolic ' Leur liray, qui ne dure guère.
Teste n'ayent dure ne folle ; Escoutent ! car c'est la dernière.
« Beaulx cnfans, vous perdez la plus
Belle rose de vo chappeau ^ ;
Mes clers près prenans comme glus 5,
Si vous allez a Montpipeau 4
Ou a Rueil >, gardez la peau :
Car, pour s'esbatreen ces deux lieux,
Guidant que vaulsist le rappeau^,
La perdit Colin de Cayeux.
« Ce n'est pas ung jeu de trois mailles 7, Ou va corps, et peut estre l'ame ^.
dui pert, riens n'y sont repentailles Qu'on n'en meure a honte et diffame ; Et qui gaigne n'a pas a femme Dido la royne de Cartage?.
1. Il dit de son école, car cette Marion tenait aussi une autre école, qui était celle de l'amour. (Voir ch. V, § n).
2. Cette jolie façon de parler était courante : « Et commença le roy à dire : « Haa ! Conte de Dampmartin, vous perdrés en moy la plus belle rose de vostre chappeau, car après ma mort vous aurez bien affaire... » (Chronique Martiniane, éd. P. Champion, p. 112).
3. On a vu qu'un clerc voleur se servait d'une ficelle enduite de glu pour tirer les offrandes du tronc de Notre-Dame. On disait de Paris que c'était l'endroit le plus gluant du monde (Marot, Dialogue nouveau. Œuvres, éd. Guiffrev, II, p. 120).
Encore je croy, si j'en envoyois plus, — Qu'il le prendroit (le procureur) : car ils ont t.iiu de glus — Dedans leurs mains, ces faiseurs de pipée — Que toute chose où touchent est agrippée.
(Ibid., Epitres, III, 984).
4. Non loin de Meung : il y avait là, à l'orée des bois, un château dont le capitaine fut souvent redoutable aux paysans qu'il rançonnait (Cf. René de Witie, Uue vieille chdtellenie de l'Orléanais, 1099-1794, Monpipcau. Nice, 191 1).